Les autorités sanitaires maliennes ont évalué, mardi 19 mai 2026 à Bamako, les dispositifs de prévention contre Ebola et l’hantavirus, tout en maintenant une vigilance élevée malgré l’absence de cas au Mali, en raison du contexte régional et des importants déplacements liés à la Tabaski.
Au Mali, une rencontre d’évaluation des dispositifs de prévention sanitaire face à Ebola et Hantavirus, présidée par le Secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Abdoulaye Guindo, a réuni les responsables techniques maliens ainsi que les partenaires sanitaires, en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les discussions ont porté sur la préparation du pays, la surveillance épidémiologique, la disponibilité des équipements et les capacités de réaction en cas d’alerte sanitaire.
Les autorités rappellent qu’aucun cas confirmé d’Ebola ou d’Hantavirus n’a été signalé au Mali. Toutefois, la surveillance a été renforcée à la suite des cas recensés en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. À l’approche de la Tabaski, les mouvements de populations pourraient accroître les risques d’introduction ou de propagation de certaines maladies, notamment dans les zones frontalières et les grands centres urbains.
Les participants ont examiné les mécanismes d’alerte précoce, le contrôle sanitaire aux frontières, les capacités des laboratoires, les procédures de notification ainsi que les actions de communication sur les risques. L’accent a également été mis sur la nécessité de disposer de stocks suffisants d’équipements de protection, de réactifs, de produits de désinfection et de matériels de prise en charge.
L’expérience de l’épidémie d’Ebola de 2014 reste une référence pour les autorités maliennes. À cette époque, le pays avait enregistré des cas importés depuis la Guinée, dans un contexte de crise sanitaire majeure en Afrique de l’Ouest. La stratégie de riposte reposait alors sur la détection rapide des cas, l’isolement des patients suspects, le suivi des contacts, la sécurisation des enterrements et le renforcement de la surveillance aux frontières.
Depuis cette crise, le Mali affirme avoir consolidé ses capacités de réponse sanitaire grâce à une meilleure coordination entre les structures de santé, les laboratoires, les partenaires techniques et les autorités locales. Les responsables sanitaires considèrent aujourd’hui que le diagnostic rapide, la formation du personnel médical et l’implication des communautés demeurent essentiels pour contenir toute éventuelle flambée épidémique.
Concernant l’hantavirus, maladie souvent liée au contact avec des rongeurs infectés, les autorités souhaitent également renforcer la détection précoce. Les symptômes pouvant ressembler à ceux d’autres maladies fébriles ou respiratoires, une identification rapide des cas suspects est jugée indispensable afin d’éviter des retards dans la prise en charge.
Les partenaires sanitaires ont enfin insisté sur l’importance d’un financement durable pour soutenir les actions de prévention. Les besoins concernent notamment la logistique, les équipements médicaux, les capacités de laboratoire, la formation continue des agents de santé et le maintien d’équipes d’intervention rapide.
Situé au carrefour de plusieurs flux humains et commerciaux, le Mali considère la surveillance sanitaire comme un enjeu permanent et entend s’appuyer sur les enseignements tirés depuis 2014 pour prévenir toute crise sanitaire liée à une alerte importée.
MD/te/Sf/APA






