Entre crispations politiques, ambitions de souveraineté économique et sécuritaire, réformes institutionnelles et enjeux sociaux, l’actualité ouest-africaine de ce lundi 11 mai reflète une région en pleine recomposition. Du Sénégal au Mali, du Burkina Faso au Niger, les États mettent en avant des discours de fermeté et de transformation, tandis que les questions de transparence publique, de sécurité humaine et de coopération régionale demeurent omniprésentes.
Au Sénégal, plusieurs sujets dominent la Une de Seneweb. Le média revient d’abord sur le drame survenu à la Médina autour d’une affaire de détresse conjugale, présenté comme un révélateur de l’urgence d’une meilleure prise en charge psychologique et sociale. Dans le même temps, un fait divers à Golf Sud a conduit à l’arrestation du gérant de l’auberge « Képar-Gui », poursuivi pour séquestration et violences. Sur le plan sanitaire, une pèlerine a dû être débarquée d’urgence dans le cadre du Hajj, poussant la Délégation générale au pèlerinage à renforcer ses appels à la vigilance médicale.
La scène politique sénégalaise reste également animée. Khalifa Sall a officialisé la création du parti Taxawu Senegaal tout en appelant à l’unité de l’opposition, alors que les débats autour des réformes électorales se poursuivent. Mamadou Lamine Thiam dénonce notamment un « forcing » du pouvoir et une rupture du consensus politique. En parallèle, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) tire la sonnette d’alarme sur le faible taux de conformité à la déclaration de patrimoine. Selon son président Moustapha Ka, seuls 558 assujettis sur 1 594 ont déposé leur déclaration, malgré le durcissement des sanctions prévues par la réforme de 2025. Plusieurs ministres et chefs d’institutions figureraient parmi les retardataires.
Sur le plan économique, Pressafrik souligne une baisse de 0,5 % des prix à la consommation au mois d’avril 2026, dans un contexte où les autorités cherchent à contenir les tensions sur le coût de la vie. À l’international, le sommet « Africa Forward » organisé à Nairobi concentre aussi l’attention, notamment après les déclarations du président français Emmanuel Macron évoquant la fin du « pré carré » français en Afrique.
Dans le Sahel, les questions sécuritaires et diplomatiques occupent une place centrale. Maliweb revient largement sur la rencontre entre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et le corps diplomatique à Bamako. À travers une communication offensive après les attaques du 25 avril, les autorités maliennes ont dénoncé une « guerre hybride » et accusé des soutiens extérieurs de chercher à déstabiliser le pays. Bamako insiste désormais sur une doctrine de souveraineté assumée, associée au refus de négocier avec les groupes armés qualifiés de terroristes. Le gouvernement malien défend également une diversification stratégique de ses partenariats internationaux, notamment avec la Russie, la Turquie ou encore la Chine.
Cette dynamique souverainiste traverse également le Burkina Faso. Sidwaya rapporte la présentation du nouveau Plan national de développement « RELANCE 2026-2030 », évalué à plus de 36 000 milliards FCFA. Le ministre burkinabè de l’Économie Aboubacar Nakanabo affirme que ce programme vise la reconquête économique et sécuritaire du pays. Les autorités prévoient notamment le recrutement massif de forces de sécurité et de volontaires, le développement d’une industrie de défense, la numérisation de l’administration, la construction d’infrastructures sanitaires et scolaires ainsi qu’une forte montée en puissance énergétique et industrielle d’ici 2030.
Au Niger, la diplomatie reste axée sur la souveraineté nationale et la visibilité internationale. Selon l’ANP, le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré affirme que la politique extérieure nigérienne repose sur la défense des intérêts supérieurs du peuple, le panafricanisme et le renforcement du rôle du Niger sur la scène internationale depuis les événements du 26 juillet 2023. Niamey insiste aussi sur l’importance de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans sa stratégie régionale.
Le sommet « Africa Forward » de Nairobi apparaît par ailleurs comme un nouveau théâtre de repositionnement diplomatique africain. Africaguinee indique que le président guinéen Mamadi Doumbouya compte profiter de cette rencontre pour promouvoir le programme « Simandou 2040 », présenté comme le socle de la transformation économique de la Guinée autour de la valorisation locale des ressources minières et de la souveraineté économique. De son côté, Abidjan.net rapporte que le président ivoirien Alassane Ouattara a échangé avec son homologue kényan William Ruto sur la coopération interafricaine, les financements du développement et la nécessité de renforcer les mécanismes économiques continentaux. Les discussions ont également porté sur la paix, la sécurité et la réforme de l’architecture financière internationale.
Enfin, la question migratoire et le trafic humain demeurent des préoccupations régionales majeures. Pulse Ghana révèle que 28 ressortissants ghanéens victimes présumées d’un réseau de traite humaine en Côte d’Ivoire ont été secourus puis rapatriés grâce à une opération conjointe entre Accra et Abidjan. Les autorités ghanéennes mettent en garde contre les fausses offres d’emploi à l’étranger et les réseaux de recrutement clandestins ciblant principalement les jeunes.
Sf/APA







