Le président algérien a réuni hier ministres et professionnels pour lancer un plan de mécanisation agricole, censé renforcer la production nationale et favoriser la souveraineté alimentaire.
Lors d’une réunion avec ses ministres et des professionnels des secteurs concernés, le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, accompagné du Premier ministre, du directeur de cabinet présidentiel et des ministres de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce extérieur, a associé des responsables d’entreprises locales spécialisées dans la fabrication d’équipements agricoles. Selon le communiqué de la présidence, cette initiative se traduira par la création de « coopératives spécialisées dans la location d’équipements agricoles » destinées à accroître la productivité et l’étendue des surfaces cultivées.
Le plan souligne la nécessité de combler un retard structurel en matière de mécanisation, présenté comme un facteur limitant majeur de l’essor agricole. L’acquisition de matériel reste financièrement hors de portée de nombreux agriculteurs, justifiant le recours aux coopératives de location. L’objectif déclaré est double : satisfaire la demande nationale et préparer l’ouverture à l’exportation, notamment sur les marchés exigeants en volumes.
Sur le papier, l’opération vise à créer un cercle vertueux : mobilisation de fonds publics, développement de l’industrie mécanique locale, création d’emplois et hausse de la productivité agricole. La présidence évoque des retombées importantes sur la sous-traitance industrielle et l’exportation des fruits et légumes, dont la qualité est reconnue mais dont le tonnage reste insuffisant pour concurrencer les leaders mondiaux.
Toutefois, la mise en œuvre concrète soulève plusieurs questions. La capacité réelle de l’industrie nationale à fournir le matériel en quantité et en qualité reste incertaine. Les coopératives, tout en promettant de faciliter l’accès au matériel, devront gérer un parc complexe et coûteux, dans un contexte où les infrastructures logistiques et la maintenance demeurent limitées. Le succès dépendra aussi de la formation des agriculteurs et de l’intégration effective des entreprises locales dans le cycle de production et de location.
Enfin, le calendrier et le financement précis de ce plan restent flous. La présidence prévoit la création d’un « Conseil national de la mécanisation agricole », mais les modalités de coordination entre ministères, acteurs privés et coopératives n’ont pas été précisées. Si le projet est ambitieux, il illustre surtout l’écart entre les objectifs affichés et les réalités structurelles de l’agriculture algérienne, confrontée à un déficit historique en mécanisation et à des contraintes financières persistantes.
MK/ak/ac/Sf/APA







