Le Maroc a officiellement lancé un programme structurant de création et d’accompagnement de startups, mobilisant plus de 700 millions de dirhams pour faire émerger une nouvelle génération d’entreprises numériques compétitives à l’échelle internationale.
Le programme Startup Venture Building a été présenté à la mi-décembre 2025 lors d’une cérémonie officielle à Rabat, sous la présidence de Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, et de TAMWILCOM représentée par son directeur général Said Jabrani. L’initiative s’inscrit au cœur de la stratégie Maroc numérique 2030, qui ambitionne de positionner le Royaume comme un hub régional de l’innovation technologique.
Contrairement aux dispositifs classiques d’aide ponctuelle, le programme repose sur un modèle de venture building à cycle long, couvrant l’ensemble du parcours entrepreneurial, de l’idéation à l’expansion internationale.
« Il ne s’agit pas seulement de créer des entreprises, mais de concevoir des produits viables, exportables et alignés sur les standards mondiaux dès le départ », ont souligné les responsables lors du lancement.
Sur le plan financier, l’État a prévu une enveloppe globale de plus de 700 millions de dirhams (environ 76 millions de dollars). Plus de 800 startups devraient bénéficier du dispositif sur une période de trois ans. Les mécanismes de soutien sont modulés selon le stade de maturité : subventions d’incubation pouvant atteindre 200 000 dirhams, prêts sans intérêt de 500 000 dirhams pour la phase de transition vers le marché, et prêts d’amorçage allant jusqu’à 2 millions de dirhams pour les projets à fort potentiel de croissance.
L’architecture du financement vise à répondre aux contraintes réelles des jeunes entreprises technologiques, souvent fragilisées par des tensions de trésorerie ou une dilution prématurée du capital. La combinaison de subventions et de prêts sans intérêt permet aux fondateurs de tester et d’ajuster leurs modèles économiques sans pression excessive, favorisant ainsi une plus grande diversité de profils entrepreneuriaux.
Au-delà du financement, le programme s’appuie sur un réseau de six structures d’accompagnement, mêlant expertise locale et internationale. Les acteurs marocains Technopark et CEED Maroc collaborent avec des partenaires internationaux tels que 500 Global, Flat6Labs, Open Startup International et Renew Capital. Cette configuration vise à encourager, dès les premières phases, une projection des startups marocaines vers les marchés internationaux.
L’une des innovations majeures du dispositif réside dans l’introduction d’une allocation de subsistance mensuelle destinée à certains porteurs de projets expérimentés. Cette mesure entend lever un frein structurel souvent sous-estimé : la précarité personnelle des fondateurs durant les phases critiques de lancement. En sécurisant un minimum de stabilité financière, les autorités espèrent renforcer l’engagement et la performance entrepreneuriale.
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