L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) souligne une aggravation du déficit commercial tunisien, portée par une hausse sélective des importations et une stagnation des exportations.
Si certains indicateurs traduisent une reprise industrielle en Tunisie, les déséquilibres structurels persistent, freinant la consolidation économique du pays.
Selon une étude de Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), le déficit commercial de la Tunisie a atteint 16,728 milliards de dinars (environ 4,9 milliards d’euros) sur les neuf premiers mois de 2025, contre 13,497 milliards à la même période de 2024. C’est ce qui ressort des données de l’Institut national de la statistique (INS) reprises dans l’étude « Importations : les dessous d’un trend contrasté » publiée par l’IACE.
L’écart s’explique par une hausse de 5,4 % des importations, alors que les exportations progressent à peine de 0,03 %, confirmant la fragilité du commerce extérieur tunisien.
L’analyse de l’IACE met en évidence une dynamique contrastée. La baisse des importations énergétiques et alimentaires traduit un repli de la demande intérieure en produits de base, tandis que la hausse des importations de biens intermédiaires, miniers et d’équipement signale une reprise de l’activité productive. Ces achats extérieurs, liés aux intrants industriels, témoignent d’un redémarrage partiel de l’appareil manufacturier, moteur traditionnel de l’économie tunisienne.
Le secteur manufacturier, qui représente 79 % des exportations et 71 % des importations, connaît un regain de dynamisme. Les industries mécaniques et électriques enregistrent une progression de 15 % des importations, tandis que le textile-habillement-cuir affiche une hausse de 3,5 %. Ces évolutions traduisent un recours stratégique aux importations pour soutenir les exportations et renforcer la présence tunisienne dans les chaînes de valeur mondiales.
L’étude rappelle que le secteur énergétique continue de peser lourdement sur la balance commerciale, représentant 48 % du déficit total. La production pétrolière nationale est passée de 77 000 barils par jour en 2010 à 27 000 barils aujourd’hui, tandis que la production de gaz a chuté de 9 % sur un an.
Le recul de 11,8 % des importations énergétiques observé en 2025 s’explique principalement par la baisse de 15 % du cours du Brent et la dépréciation du dollar. L’IACE estime toutefois que ces gains restent conjoncturels et fragiles, la dépendance énergétique structurelle du pays demeurant élevée.
MK/Sf/APA






