Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé ce lundi au Palais des Nations la première assemblée générale du Conseil national économique, social et environnemental (CNES), marquant l’installation de ses 198 nouveaux membres et la présentation d’une feuille de route destinée à accompagner les grandes réformes économiques du pays.
Les membres du Conseil national économique, social et environnemental (CNES) algérien, nommés pour la période 2025–2029, ont prêté serment lors d’une cérémonie officielle, tenue en présence de Sifi Ghrieb, représentant le président Abdelmadjid Tebboune. Cette relance du CNES, voulue comme un symbole de concertation nationale, intervient dans un climat économique tendu, entre inflation persistante, dépendance aux hydrocarbures et mise à l’écart croissante de la société civile.
Dans son allocution, le Premier ministre a exhorté le Conseil à « formuler des propositions concrètes » et à devenir un véritable « moteur du dialogue social ». Un appel à la réforme qui s’inscrit pourtant dans une tradition d’organes consultatifs souvent limités à un rôle symbolique, sans réelle influence sur les décisions économiques prises au sommet de l’État.
Réorganisé par décret et doté d’un mandat constitutionnel élargi, le CNES conserve essentiellement une fonction de validation politique. Sa nouvelle composition, publiée au Journal officiel n°67, reflète cette orientation : hauts fonctionnaires, universitaires proches du pouvoir, syndicalistes sélectionnés et représentants d’associations peu critiques. En mettant en avant la « diversité » de cette assemblée, le gouvernement cherche à illustrer une volonté d’inclusion, alors que le débat public reste sous contrôle et que les voix indépendantes, notamment sur les questions économiques, peinent à se faire entendre.
Sifi Ghrieb a par ailleurs mis l’accent sur la transition vers une « économie verte » et la nécessité de « valoriser le capital humain », tout en saluant des « avancées concrètes » dans la restructuration industrielle et les exportations hors hydrocarbures. Des propos en décalage avec les chiffres : selon la Banque d’Algérie, les investissements étrangers stagnent, l’économie demeure fortement dépendante du pétrole, et les exportations non énergétiques représentent moins de 5 % du total.
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