La Tunisie a annoncé, lors du World Bio Summit 2025 en Corée du Sud, la création d’un centre national de formation biomédicale destiné à former des scientifiques et techniciens africains, afin de réduire la dépendance du continent en matière de médicaments et vaccins.
Le ministre tunisien de la Santé, Mustapha Ferjani, a présenté le projet comme une avancée stratégique. Baptisé Biotraining, le centre sera doté d’équipements répondant aux standards internationaux de bonnes pratiques de fabrication (GMP). Il offrira des cursus théoriques et pratiques pour renforcer l’expertise locale et constituer une main-d’œuvre qualifiée dans le domaine biomédical.
Au-delà de la formation, cette initiative vise à positionner Tunis comme un hub africain de référence dans la production pharmaceutique. « Ce centre nous permettra de développer des compétences régionales et de contribuer à l’indépendance sanitaire de l’Afrique », a affirmé Ferjani devant les participants au sommet.
Le ministre a également plaidé pour une coopération internationale renforcée autour de l’intelligence artificielle appliquée à la santé. Selon lui, les solutions numériques et la télémédecine peuvent transformer l’accès aux soins, notamment dans les zones éloignées, tout en modernisant les systèmes hospitaliers. La Tunisie souhaite ainsi développer des applications d’IA pour le dépistage précoce des maladies et la formation continue des médecins et chercheurs.
Inspiré par l’exemple coréen, Ferjani a par ailleurs insisté sur l’importance de l’*Age-Tech*, un secteur en plein essor visant à améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Il a appelé à mobiliser la recherche et l’investissement pour répondre aux besoins croissants liés au vieillissement des populations africaines.
Enfin, le ministre a lancé un appel aux investisseurs internationaux afin de soutenir les projets tunisiens dans le secteur biomédical. Il a souligné que son pays mise sur les technologies pour promouvoir la justice sanitaire et améliorer la qualité des prestations de soins.
Avec ce projet, Tunis entend s’imposer comme un acteur clé de l’innovation biomédicale en Afrique, au moment où le continent cherche à renforcer sa souveraineté pharmaceutique et à s’intégrer davantage aux chaînes mondiales de production de vaccins et de médicaments.
MK/Sf/APA






