Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique prévoit de consacrer près de 59 % de ses crédits de paiement en 2027 à l’amélioration du cadre de vie et à la gestion des déchets, dans un contexte marqué par la pression sur les écosystèmes, les risques climatiques et les défis persistants de l’assainissement.
Présentant dimanche devant la commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale le projet de budget de son département, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, a annoncé une enveloppe de 113,25 milliards FCFA en crédits de paiement (CP) et de 123,82 milliards FCFA en autorisations d’engagement (AE) pour l’exercice 2027.
La répartition proposée accorde une place prépondérante au programme « Cadre de vie », doté de 66,84 milliards FCFA en crédits de paiement, soit environ 59 % du budget. Cette orientation traduit le poids des enjeux liés à la propreté des espaces publics, à la gestion des déchets, au désencombrement urbain et à l’amélioration de l’environnement quotidien des populations.
Cette priorité intervient alors que le Sénégal reste confronté à d’importants défis en matière de salubrité et de traitement des déchets. À cet égard, le ministère entend poursuivre, avec la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED), le renforcement des dispositifs de collecte et de nettoiement, ainsi que les opérations de résorption de la décharge de Mbeubeuss, dont les travaux affichent un taux d’exécution de 71 %.
Le projet de budget 2027 marque toutefois une baisse des crédits de paiement de près de 3,35 % par rapport aux 117,17 milliards FCFA inscrits en 2026. Une contraction qui intervient dans un contexte où les besoins environnementaux restent importants, notamment face à l’érosion côtière, aux inondations, à la dégradation des terres et à la perte de biodiversité.
La restauration des écosystèmes et la protection du littoral constituent ainsi les autres axes majeurs de l’intervention publique. Le programme consacré à la lutte contre la déforestation et la dégradation des terres bénéficie de 23,96 milliards FCFA, tandis que celui dédié à la conservation de la biodiversité et à la gestion des aires protégées dispose de 9,49 milliards FCFA.
Pour sa part, le programme de lutte contre les pollutions, les nuisances et les effets des changements climatiques est doté de 10,36 milliards FCFA en crédits de paiement, avec des interventions prévues sur la qualité de l’air, de l’eau et des sols, l’adaptation climatique et la protection du littoral.
Le ministre a également mis en avant les résultats enregistrés en 2026 pour justifier les orientations retenues. La campagne de reboisement a notamment permis de produire plus de 7 millions de plants, tandis que 1 925 hectares de terres ont été restaurés. Dans le domaine de la conservation, plus de 300 hectares de mangrove ont fait l’objet d’opérations de restauration.
En matière de contrôle environnemental, 1 352 inspections d’installations classées ont été réalisées, tandis que les recettes issues des taxes environnementales ont atteint près de 1,88 milliard FCFA.
La gestion des déchets reste néanmoins un chantier de grande ampleur. Selon les données présentées par le ministre, 2,02 millions de tonnes de déchets ont été collectées et mises en décharge en 2026, avec un taux d’accès global au service de collecte de 74,86 % à l’échelle nationale.
Au-delà des allocations financières, Aliou Gori Diouf a insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficacité de la dépense publique, à travers une meilleure coordination des structures, l’accélération de l’exécution des projets et la mobilisation de financements complémentaires auprès des partenaires techniques et financiers.
Inscrite dans les orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, la politique environnementale entend ainsi concilier amélioration du cadre de vie, préservation du patrimoine naturel et résilience des territoires face aux changements climatiques.
Le principal défi de l’exercice 2027 sera de transformer les ressources mobilisées en résultats durables pour les populations, alors que les pressions environnementales affectent directement la santé publique, la sécurité alimentaire et les conditions de développement du pays.
TE/APA





