Le Programme alimentaire mondial (PAM) fait face à un déficit de financement de 73,6 millions de dollars pour maintenir ses opérations au Mali jusqu’en février 2027, une situation qui a déjà entraîné une réduction de l’aide alimentaire et pourrait conduire à la suspension des vols humanitaires à partir de janvier prochain.
Le PAM estime à 81,2 millions de dollars les ressources nécessaires à la poursuite de ses interventions au Mali jusqu’en février 2027, dont seulement 7,6 millions de dollars seraient actuellement disponibles.
Selon l’agence onusienne, quelque 1,5 million de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë durant la période de soudure, entre juin et août 2026. Une évaluation menée en juin a par ailleurs révélé que 40 % des ménages avaient besoin d’une assistance humanitaire, alors que seuls 4 % en avaient bénéficié au cours des trois mois précédents.
Les contraintes financières ont déjà contraint le PAM à réduire ses interventions. Plus de 200 000 personnes vulnérables n’ont pas pu bénéficier d’une assistance en 2026, tandis que la durée de la prise en charge alimentaire a été ramenée de six à trois mois.
Les régions de Ménaka, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou figurent parmi les zones les plus affectées. Le Mali accueille également plus de 290 000 réfugiés, alors que plus de 400 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.
Les difficultés de financement affectent également le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS), géré par le PAM. L’agence indique que les vols pourraient être suspendus à partir de janvier 2027 si de nouvelles contributions ne sont pas mobilisées.
Entre janvier et juin 2026, l’UNHAS a transporté plus de 3 600 passagers et 42,5 tonnes de fret au profit de près de 100 organisations. Seize vols ont notamment desservi Ménaka et neuf Ansongo, deux zones où les déplacements routiers et l’accès humanitaire demeurent particulièrement difficiles.
La réponse nutritionnelle a elle aussi été réduite. Le nombre de personnes ciblées par les activités de traitement et de prévention de la malnutrition est passé de 459 000 en 2025 à 206 000 en 2026.
Le PAM avertit par ailleurs que les taux de malnutrition pourraient dépasser 15 % dans certaines zones du nord du Mali, notamment parmi les populations déplacées.
À l’échelle du Sahel central, l’agence onusienne recherche 151 millions de dollars pour financer ses opérations au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre septembre 2026 et février 2027. Elle estime que 5,6 millions de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire de niveau crise dans les trois pays durant la dernière période de soudure.
MD/te/APA





