Les autorités mauriciennes ont levé mercredi matin le couvre-feu instauré la veille dans plusieurs zones de l’île après des violences liées à une fusillade impliquant un policier, tandis que les forces de l’ordre restent mobilisées pour prévenir de nouveaux incidents et rétablir la circulation dans les secteurs affectés.
Le couvre-feu instauré à Maurice suite aux violences liées à des tirs impliquant un policier, entré en vigueur mardi 13 octobre à 20h30, a pris fin mercredi 14 octobre à 6h00. Cette mesure visait à contenir les troubles survenus dans plusieurs localités, dans un contexte marqué par la colère d’habitants face aux pénuries d’eau et par les réactions à une affaire de blessure par balle impliquant un agent de police.
Dans un communiqué publié après les incidents, la police mauricienne a assuré que la situation était « sous contrôle », tout en précisant que les forces de l’ordre restaient pleinement mobilisées sur le terrain pour garantir la sécurité des citoyens et le maintien de l’ordre public.
« Des arrestations ont déjà eu lieu et d’autres sont prévues dans le cadre des enquêtes en cours », a indiqué la police, ajoutant que les personnes impliquées dans les violences devront répondre de leurs actes devant la justice.
Concernant la circulation, les autorités ont annoncé que toutes les routes de l’île étaient praticables, à l’exception de la route de Bambous, à proximité de la Cour de district, où des obstructions persistaient. Des policiers ont été déployés sur place afin de dégager la voie et de rétablir le trafic dans les meilleurs délais.
Diverses unités de police restent également déployées à travers le pays pour sécuriser les axes routiers. La population, notamment les usagers des transports en commun, a été informée que les déplacements pouvaient reprendre normalement, aussi bien pour les besoins professionnels que pour les autres activités. Les autorités ont toutefois appelé les usagers à la prudence et au respect des consignes des agents présents sur le terrain.
Les troubles font suite aux événements du vendredi 9 octobre à Camp-Levieux, dans la région de Rose-Hill, où Élodie Thomas, une employée de supermarché âgée de 27 ans, a été blessée par balle alors qu’elle rentrait chez elle à bord d’une fourgonnette. Admise à l’hôpital Victoria, elle a subi une intervention chirurgicale pour retirer le projectile.
Un sergent de police a été arrêté dans le cadre de cette affaire. Le bureau du Directeur des poursuites publiques a recommandé des chefs d’accusation provisoires à son encontre, tandis que les circonstances exactes du tir et les responsabilités éventuelles des autres agents présents font l’objet d’investigations.
Au-delà de cette affaire, les tensions se sont développées sur fond de mécontentement lié aux difficultés récurrentes d’approvisionnement en eau dans plusieurs localités. Des habitants avaient manifesté à Camp-Levieux, notamment en brûlant des pneus et en bloquant des routes pour dénoncer les coupures d’eau. Les rassemblements ont ensuite dégénéré en actes de vandalisme, incendies et dégradations de biens, entraînant le déploiement renforcé des forces de sécurité.
La levée du couvre-feu marque une étape dans le retour à la normale, mais les enquêtes se poursuivent. Les autorités sont désormais appelées à faire la lumière sur les incidents, à prévenir de nouvelles violences et à répondre aux préoccupations des populations concernant l’accès à l’eau et les circonstances de la blessure par balle.
TE/Sf/APA




