Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a présenté, jeudi 22 octobre, trois options pour absorber la hausse des coûts énergétiques, alors que le baril approche 110 dollars, contre 75 dollars retenus dans le budget égyptien.
Le chef du gouvernement égyptien, Mostafa Madbouly, a exposé les pistes envisagées par l’État pour faire face à la hausse des prix du pétrole, lors du Forum Égypte 2026, organisé à la Nouvelle Capitale. Cette envolée des cours, dans un contexte de tensions régionales, alourdit les dépenses publiques et complique le financement des besoins énergétiques du pays.
Selon Madbouly, le budget de l’État avait été établi sur la base d’un baril à 75 dollars, alors que le Brent avoisinait 110 dollars. La hausse ne concerne pas uniquement les carburants destinés aux transports : elle renchérit également le gaz naturel utilisé pour la production d’électricité, augmentant les charges supportées par les finances publiques.
Face à cette situation, le Premier ministre a présenté trois options. La première consisterait à répercuter intégralement la hausse des coûts sur les consommateurs, à l’image de mesures adoptées dans plusieurs pays. Une telle décision permettrait de limiter la pression sur le budget, mais pèserait directement sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des entreprises.
La deuxième option serait de maintenir une prise en charge publique d’une partie de la hausse, en mobilisant des ressources supplémentaires ou en recourant à l’emprunt. Madbouly a toutefois mis en garde contre l’alourdissement de la dette et de ses intérêts, susceptible de peser durablement sur les budgets futurs.
La troisième piste consisterait à acheter les produits pétroliers aux nouveaux prix dans la limite des crédits disponibles. Selon le chef du gouvernement, cette solution ne couvrirait que 50 à 60% des besoins, avec un risque de pénuries de carburant et de délestages électriques pouvant atteindre huit heures par jour.
Parallèlement, l’Égypte entend accélérer la diversification de son approvisionnement énergétique. Madbouly a annoncé un objectif de 50% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2030, contre une cible précédemment fixée à 42%, puis relevée à 45% d’ici 2028. Le gouvernement a, selon lui, consacré 200 milliards de livres égyptiennes à cette ambition. Le pays dispose actuellement de 10,5 gigawatts (GW) de capacités renouvelables, sur une capacité électrique totale installée de 64,4 GW.
MK/AK/APA




