En recevant à Alger le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, le chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune a acté la fin d’une période de « froideur » entre les deux pays. Lors d’une conférence de presse conjointe, il a affirmé que « la sécurité du Niger est indissociable de celle de l’Algérie » et assuré que son pays serait « toujours aux côtés » de Niamey.
Cette visite intervient dans un contexte régional profondément recomposé depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, qui a entraîné des sanctions de la CEDEAO et des tensions diplomatiques avec plusieurs partenaires occidentaux.
Le discours officiel met en avant la reprise « totale » des projets communs, notamment dans les domaines sécuritaire, énergétique et infrastructurel. Les deux dirigeants ont évoqué la coopération en matière d’hydrocarbures, d’électricité, de formation militaire et universitaire, ainsi que la relance de grands chantiers structurants comme la route transsaharienne, le projet ferroviaire entre les deux pays ou encore le développement du bloc pétrolier de Kafra.
Toutefois, si ces annonces traduisent une volonté politique claire, leur concrétisation dépendra de capacités de financement et de stabilité sécuritaire encore fragiles dans la région sahélienne.
Sur le plan stratégique, Alger réaffirme sa doctrine de non-ingérence et son opposition à toute intervention militaire étrangère au Niger. « Aucun Algérien, aucun Africain ne saurait comprendre que l’Algérie prête son territoire pour agresser un pays africain », a déclaré le président Tiani depuis Alger, saluant la position algérienne.
Cette posture renforce l’image d’une diplomatie algérienne attachée au principe de souveraineté, mais elle s’inscrit aussi dans une compétition d’influence accrue au Sahel, où les équilibres géopolitiques évoluent rapidement.
Économiquement, la coopération bilatérale reste confrontée à des contraintes structurelles. Le Niger, pays enclavé, dépend fortement des corridors régionaux pour ses exportations, notamment d’uranium et de pétrole. L’Algérie, pour sa part, cherche à consolider sa profondeur stratégique au sud et à valoriser les infrastructures transsahariennes comme levier d’intégration africaine.
Or, la viabilité de ces projets suppose une sécurisation durable des axes logistiques et une mobilisation financière significative, dans un contexte budgétaire marqué par la volatilité des recettes hydrocarbures.
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