Environ 800 millions de jeunes qui arriveront sur le marché du travail dans les économies en développement au cours des 15 prochaines années risquent de ne pas trouver d’emploi, a averti mardi l’administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Alexander De Croo, appelant les gouvernements à accélérer les investissements et les politiques de création d’emplois.
« Au cours des 15 prochaines années, 1,2 milliard de jeunes termineront leurs études et arriveront sur le marché du travail », a déclaré l’administrateur du PNUD, Alexander De Croo, lors d’un point de presse organisé en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).
« Seuls 400 millions d’entre eux trouveront un emploi. Pour 800 millions, il n’y aura pas d’emploi », a-t-il précisé, soulignant que cette perspective résultait notamment de la croissance démographique dans de nombreux pays en développement.
« Cela ne se résoudra pas tout seul. C’est le résultat de choix politiques », a-t-il insisté, alors que le PNUD présentait deux initiatives destinées à stimuler les investissements et à favoriser la création d’emplois.
La première, baptisée « Accélérateur d’investissement », vise à aider les gouvernements à améliorer leurs politiques d’investissement et leurs cadres juridiques, à identifier des projets susceptibles d’être financés et à accélérer leur mise en œuvre.
Le mécanisme Jobs for Prosperity Facility doit, pour sa part, accompagner les pays dans l’identification des secteurs à fort potentiel d’emploi, l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises et la réduction des obstacles à l’investissement et au recrutement.
Interrogé sur les conséquences de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi, le responsable du PNUD a estimé que des politiques actives pouvaient contribuer à infléchir les projections. Il a notamment cité les services à la personne, l’agriculture et le tourisme parmi les secteurs susceptibles de continuer à générer des emplois malgré l’essor des nouvelles technologies.
« La création d’emplois est en réalité le seul moyen véritablement durable de permettre aux populations de sortir de la pauvreté », a-t-il affirmé.
Les deux initiatives s’appuient sur des partenariats renforcés avec le Groupe de la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Des projets pilotes sont déjà en cours au Népal, au Yémen, en Haïti, au Liban et au Ghana.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par un « triple choc » pour les économies en développement, caractérisé par des coûts énergétiques élevés, les conséquences d’un épisode El Niño particulièrement marqué et des conditions d’emprunt coûteuses, selon Alexander De Croo.
Dans son rapport intitulé No Time to Recover (« Pas de temps pour se relever »), le PNUD indique que le pays en développement médian consacre désormais 9,5 % de ses recettes publiques au paiement des intérêts de sa dette.
Le document relève également une hausse du nombre de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle pour la première fois depuis 2010. Cet indicateur prend en compte, au-delà des revenus, l’accès à des services essentiels tels que l’électricité, l’eau, les soins de santé et l’éducation.
« Ces chiffres devraient absolument nous alerter », a déclaré De Croo, soulignant que la résilience de l’économie mondiale face aux chocs demeurait inégalement répartie entre les pays.
GIK/lb/te/Sf/APA





