Le Bureau national des statistiques du Nigeria (NBS), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Union européenne (UE) ont appelé à renforcer la coordination des données sur la protection sociale afin d’améliorer la planification des politiques publiques et la prestation des services sociaux dans le pays.
Le statisticien général de la Fédération, Semiu Adeniran, s’exprimait lors du Dialogue national sur les statistiques de la protection sociale et l’engagement sur la collecte de données, organisé à Abuja par l’OIT en collaboration avec le NBS, l’UE et l’UNICEF. Il a souligné l’importance de cette rencontre alors que le système nigérian de protection sociale connaît une profonde évolution.
Adeniran a indiqué que le gouvernement prenait des mesures pour renforcer l’appropriation nationale, la coordination, le financement et la mise en œuvre des programmes de protection sociale et de réduction de la pauvreté.
Il a également indiqué que le ministère fédéral des Affaires humanitaires et de la Réduction de la pauvreté mettait en place une approche plus intégrée à travers son initiative « One Humanitarian, One Poverty Response System ».
Selon lui, cette initiative vise à faire évoluer le pays d’interventions fragmentées vers une architecture nationale de protection sociale davantage coordonnée.
Le statisticien général a souligné que le NBS avait la responsabilité de veiller à ce que les réformes et programmes engagés par le gouvernement soient appuyés par des données fiables, disponibles en temps utile, comparables et désagrégées.
« Notre rôle au NBS est de veiller à ce qu’à mesure que le Nigeria renforce son architecture de protection sociale, nous renforcions également son dispositif de production de données probantes. Cela permettra au gouvernement de savoir ce qui fonctionne, qui bénéficie des interventions, où se situent les lacunes et comment le système évolue dans le temps », a-t-il déclaré.
Adeniran a indiqué que le NBS avait réalisé des progrès, en collaboration avec l’OIT et l’UE, dans le renforcement des capacités techniques, l’harmonisation des données sur la protection sociale et la mobilisation des institutions chargées de la mise en œuvre des programmes de protection sociale.
Il a ajouté que des travaux étaient également en cours pour mettre en place un Système d’information sur la gestion de la protection sociale (SPMIS).
Selon le statisticien général, ce dispositif permettra de regrouper les données actuellement détenues par différentes institutions et de les rendre disponibles sous une forme coordonnée et harmonisée pour la production de statistiques aux niveaux national et infranational.
Il a précisé que les États d’Abia, de Benue, d’Oyo et de Sokoto participaient au programme SUSE soutenu par l’OIT.
Adeniran a estimé que le Nigeria devait aller au-delà d’une utilisation ponctuelle des données sur la protection sociale à des fins de rapportage et mettre en place des systèmes, des normes, des dispositifs institutionnels et des flux de données durables permettant une production statistique régulière.
Il a ajouté que cette rencontre devait permettre de mieux cerner les lacunes en matière de données qui affectent le suivi de l’indicateur, d’identifier les institutions détenant les informations pertinentes et de définir les mesures concrètes nécessaires pour combler ces lacunes.
Dans son intervention, la directrice pays de l’OIT, Dr Vanessa Phala, a qualifié cette rencontre d’étape importante dans les efforts visant à établir des données résilientes, fiables et fondées sur des éléments probants pour orienter les interventions de protection sociale.
Mme Phala a souligné que les décisions efficaces en matière de politiques publiques ne pouvaient reposer sur des hypothèses, insistant sur la nécessité de disposer de données fiables pour orienter les interventions et suivre les progrès accomplis.
Elle a rappelé que la protection sociale constituait un droit humain fondamental ainsi qu’un pilier du travail décent et de la justice sociale.
Ben Mathew, chef de section chargé du développement humain, représenté par Chioma Osuji, a indiqué que l’UE considérait cette rencontre comme faisant partie d’un processus continu et non comme un événement ponctuel.
Mathew a salué l’initiative de l’OIT et du NBS d’organiser ce dialogue à un moment où le renforcement de la protection sociale est devenu de plus en plus important pour le développement inclusif, la cohésion sociale et la résilience.
Il a souligné que l’efficacité des systèmes de protection sociale dépendait non seulement de l’engagement politique, mais aussi de la solidité des institutions et de la fiabilité des données.
« Sans données, nous ne pouvons pas planifier. Si nous voulons réduire la pauvreté sans savoir combien de personnes sont pauvres ni quel est leur degré de vulnérabilité, nous ne pouvons pas mettre en place des programmes capables de répondre à la pauvreté », a-t-il déclaré.
GIK/lb/APA





