La visite de trois jours du procureur de la CPI, Karim Khan, en République démocratique du Congo marque une intensification des efforts de justice internationale face aux violences persistantes dans l’est du pays. Au programme : réactivation des enquêtes sur les crimes récents et discussions sur la création d’un tribunal pénal spécial pour les crimes historiques.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a conclu sa visite officielle à Kinshasa mercredi 26 février, marquant un tournant dans les relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et la CPI.
La visite, entamée le 24 février, a renforcé la coopération judiciaire entre les deux parties dans la lutte contre l’impunité des crimes graves, particulièrement ceux commis dans l’est du pays.
Au cours de son séjour, Karim Khan a rencontré le président Félix Tshisekedi ainsi que d’autres autorités congolaises pour discuter des enquêtes en cours, en particulier celles portant sur les violations des droits humains dans le Nord-Kivu, une région en proie à des violences persistantes depuis plusieurs années. La question de la création d’un tribunal pénal spécial, visant à juger les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC, a été soulevée, notamment en ce qui concerne les événements couverts par le rapport Mapping des Nations Unies entre 1993 et 2003.
Le procureur a réaffirmé son soutien à la RDC en annonçant la réactivation des enquêtes sur les crimes commis depuis janvier 2022, suite à une demande des autorités congolaises formulée en mai 2023. Cette décision répond aux préoccupations croissantes relatives aux violences perpétrées par des groupes armés, notamment dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
La proposition d’un tribunal spécial pour juger les crimes antérieurs à 2002, évoquée lors du 9ᵉ séminaire des points focaux de la CPI en septembre 2024, a également été au cœur des discussions. L’importance de ce mécanisme a été soulignée pour traiter les crimes commis avant la création de la CPI.
TE/ac/Sf/APA