Bouna Sylla a indiqué que la Guinée avait exporté 72 tonnes d’or en 2024 et 70 tonnes en 2025, précisant que ces volumes avaient été traités à l’étranger. Cette situation prive, selon lui, le pays d’une partie des retombées économiques liées aux opérations de raffinage, notamment les emplois spécialisés, les activités connexes et les opportunités industrielles.
Avec une capacité annuelle annoncée de 730 tonnes, Nimba Gold Refinery est présentée par le ministre comme l’une des plus importantes infrastructures de raffinage du continent et parmi les plus grandes au monde. Le responsable gouvernemental estime que l’installation pourrait contribuer à positionner la Guinée comme un pôle régional, continental et international dans le secteur aurifère.
Au-delà du traitement du métal, le projet vise à développer des activités de transformation locale, notamment la joaillerie et l’orfèvrerie. Le raffinage doit également favoriser le transfert de compétences, la formation de techniciens qualifiés et l’émergence d’entreprises nationales intervenant dans les différents segments de la chaîne de valeur.
Le ministre a évoqué la création de centaines d’emplois qualifiés ainsi que des retombées attendues pour les entreprises locales, dans le cadre de la politique de contenu local. L’or raffiné devrait atteindre un degré de pureté de 99,99 %, selon les explications fournies par Bouna Sylla.
Sur le plan financier, le raffinage local pourrait également contribuer au renforcement des réserves de change du pays. Le ministre a notamment évoqué la possibilité de constituer des réserves sous forme de métal, une option susceptible, selon lui, de soutenir la monnaie nationale et de participer à la stabilité macroéconomique.
La traçabilité constitue un autre volet central du dispositif. À cet effet, une plateforme intégrée dénommée « Pinto » doit permettre de suivre l’or depuis les sites de production dans les régions aurifères jusqu’à son entrée dans la raffinerie. Le système vise à mieux contrôler les circuits d’approvisionnement et à lutter contre la fraude, la contrebande et les activités minières échappant au contrôle de l’État.
Cette surveillance doit s’appuyer sur plusieurs structures publiques, dont l’Office guinéen d’expertise de l’or, du diamant et des matières précieuses, le Laboratoire national de géologie, la Brigade de lutte contre la fraude sur les matières précieuses, l’Inspection générale des mines et la Direction nationale des mines, avec l’appui des autres services compétents.
Bouna Sylla a également souligné la volonté des autorités de développer l’exploitation semi-industrielle et industrielle, notamment en réservant l’exploitation aurifère semi-industrielle aux nationaux. Cette orientation doit accompagner la transition progressive de l’orpaillage artisanal vers des unités de production mieux structurées et favoriser l’émergence d’entreprises minières nationales.
Selon les données communiquées par le ministre, environ 70 % de la production aurifère guinéenne de 2024 provenait de l’exploitation artisanale. Les autorités ambitionnent progressivement d’inverser cette proportion afin que la production semi-industrielle et industrielle représente, à terme, entre 70 et 80 % de la production nationale.
La mise en place de Nimba Gold Refinery intervient dans un contexte de volonté affichée des autorités guinéennes de renforcer le contrôle de la filière aurifère et de limiter les pratiques d’exploitation illégale. Le gouvernement a notamment annoncé des mesures contre l’orpaillage clandestin dans la préfecture de Siguiri, dans le nord-est du pays, en invoquant les dégradations environnementales, la pollution des cours d’eau et la nécessité de mieux encadrer l’exploitation des ressources minières.
AC/APA





