La compagnie espagnole Swiftair a été condamnée lundi à Paris à 225 000 euros d’amende pour « homicides involontaires », douze ans après le crash du vol Air Algérie AH5017, qui avait fait 116 morts dans le nord du Mali, dont 23 Burkinabè.
Le tribunal correctionnel de Paris a retenu la responsabilité de Swiftair, propriétaire du McDonnell Douglas MD-83 affrété par Air Algérie, dans le crash du vol AH5017, estimant que ses manquements dans la formation et l’entraînement de l’équipage avaient « contribué de façon certaine à l’accident ».
Le vol AH5017 s’était écrasé le 24 juillet 2014, peu après son départ de Ouagadougou à destination d’Alger. Aucun des 116 occupants n’avait survécu. L’appareil transportait six membres d’équipage et 110 passagers, parmi lesquels des ressortissants burkinabè, français, libanais et algériens.
Cette nuit-là, l’avion traversait une zone orageuse intertropicale. Le système d’antigivrage n’avait pas été activé. Des cristaux de glace s’étaient formés dans les capteurs de pression, perturbant les informations transmises aux moteurs.
Les moteurs avaient alors automatiquement réduit leur puissance. L’équipage n’avait pas réagi de manière adaptée. L’avion avait décroché avant de s’écraser dans le nord du Mali.
Au cours du procès, l’accusation s’était appuyée sur plusieurs expertises. Elle avait notamment relevé que le commandant de bord n’avait pas suivi une session obligatoire de remise à niveau consacrée à l’antigivrage.
Le pilote et sa copilote, employés comme saisonniers, reprenaient par ailleurs leur activité après plusieurs mois d’inactivité.
Après trois semaines d’audience en mars, le parquet avait requis l’amende maximale prévue pour la compagnie. Le tribunal a finalement suivi ces réquisitions.
La condamnation intervient plus de douze ans après l’accident, l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’aviation au Sahel.
HO/ac/Sf/APA





