Le Mali prévoit de consacrer 14,177 milliards de francs CFA en 2027 à la formation et à l’insertion économique des jeunes ruraux, dans le cadre du projet FIER II. Ce programme, qui ambitionne de financer plus de 5 000 initiatives économiques, reste confronté à un déficit de financement estimé à 23,563 milliards de francs CFA.
Ces prévisions ont été présentées lors de la quatrième session du Comité national de pilotage du Projet de formation professionnelle, d’insertion et d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER II), tenue jeudi 5 novembre 2026 à Bamako, sous la présidence de la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck.
Les travaux ont porté sur l’état d’exécution du programme de travail et du budget annuel 2026, le suivi des recommandations des précédentes sessions et les perspectives d’intervention pour 2027.
Selon les objectifs présentés, le prochain exercice prévoit la formation professionnelle de 7 000 jeunes et l’alphabétisation fonctionnelle de 8 000 autres, dont 40 % de femmes.
Le financement de 5 052 initiatives économiques est également programmé, avec 3 744 activités génératrices de revenus et 1 308 microentreprises rurales.
Ces interventions doivent contribuer au développement d’activités productives dans les campagnes, notamment dans les filières agricoles, l’élevage, la transformation agroalimentaire et les métiers ruraux non agricoles.
Un financement encore incomplet
Malgré ces perspectives, la mobilisation des ressources demeure l’une des principales difficultés du projet.
À l’ouverture des travaux, Oumou Sall Seck a attiré l’attention des administrateurs sur un déficit de financement évalué à 23,563 milliards de francs CFA, qui freine notamment le déploiement de l’approche dite agrégative.
Cette méthode consiste à regrouper des jeunes entrepreneurs autour de filières économiques porteuses et d’infrastructures productives communes, afin de faciliter leur accès aux équipements, aux financements et aux débouchés commerciaux.
La ministre a annoncé des concertations avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), partenaire du projet, en vue d’élaborer un plan de mobilisation des ressources complémentaires.
Elle a également évoqué les difficultés liées aux procédures d’approbation des activités, notamment les délais d’obtention des avis de non-objection du bailleur, ainsi qu’au recrutement de prestataires et à la réalisation des études techniques nécessaires aux infrastructures.
Le bilan de l’exercice 2026 fait ressortir un taux d’exécution financière de 40 % et un taux de réalisation physique de 52 %, sur un programme de travail et budget annuel initialement fixé à 12,293 milliards de francs CFA.
Ces niveaux d’exécution montrent qu’une partie importante des activités prévues reste à réaliser, malgré le démarrage des premiers financements et la mise en place progressive du dispositif d’accompagnement des jeunes.
Environ 1 600 jeunes accompagnés
Le coordinateur national du projet, Lamine Diassana, a fait état de l’accompagnement d’environ 1 600 jeunes dans leur installation économique.
Après leur identification et leur formation technique et entrepreneuriale, les bénéficiaires ont été mis en relation avec des systèmes financiers décentralisés partenaires afin de faciliter le financement de leurs activités.
Pour 2027, le projet prévoit de poursuivre l’opérationnalisation de trois mécanismes financiers : un fonds de subvention de contrepartie, un fonds de garantie financière durable et un dispositif de refinancement des institutions de microfinance.
Les activités programmées comprennent également des études techniques et environnementales ainsi que la préparation des dossiers d’appel d’offres pour les infrastructures prévues dans les bassins de production.
FIER II est une initiative du gouvernement malien et du FIDA, dont le coût global est estimé à 59,5 milliards de francs CFA, sur une période de sept ans.
Le projet vise à terme 60 000 jeunes ruraux âgés de 15 à 40 ans, dont 40 % de femmes et 2 % de personnes vivant avec un handicap.
Son périmètre d’intervention couvre huit régions du Mali, avec une mise en œuvre progressive tenant compte des conditions d’accès et des potentialités économiques des territoires concernés.
Il succède au premier projet FIER, achevé en 2022, qui avait notamment permis d’accompagner plus de 13 000 jeunes ruraux dans des activités de formation et d’insertion économique.
La quatrième session du Comité national de pilotage intervient ainsi à une étape où la réalisation des objectifs dépend à la fois de la mobilisation des financements complémentaires et de l’accélération des activités déjà programmées.
MD/te/APA





