L’évolution du paysage sécuritaire en Afrique exige des capacités militaires adaptables, une coopération régionale renforcée et des réponses coordonnées face à des menaces dépassant le cadre de la guerre conventionnelle.Tel est l’objet d’une concertation à Kampala entre autorités africaines chargés des questions de défense nationale.
Alors que le terrorisme, les cybermenaces, la criminalité
transnationale organisée et les urgences liées au climat compromettent de plus en plus la stabilité nationale et régionale, les forces de défense africaines renforcent leur approche collective en matière d’opérations militaires autres que la guerre (MOOTW).
Le commandant de l’armée de terre kényane, le lieutenant-général David
Ketter, a représenté le chef d’état-major des armées, le général
Charles Kahariri, lors de la conférence inaugurale des chefs d’état-major africains consacrée aux opérations militaires autres que la guerre, qui s’est tenue au Speke Resort Munyonyo à Kampala (Ouganda) le 8 octobre 2026.
Cette conférence de quatre jours a rassemblé des chefs d’état-major et
des hauts responsables militaires de plus de 18 pays africains, des
représentants de l’Union africaine et d’organisations régionales, des
attachés de défense accrédités en Ouganda ainsi que des commandants de missions de soutien à la paix des Nations unies et de l’Union africaine.
Placée sous le thème « Renforcer les réponses militaires non combattantes et adaptables face aux menaces sécuritaires complexes
émergentes en Afrique », la conférence a offert une plateforme stratégique pour examiner l’évolution des menaces sécuritaires et renforcer la capacité de l’Afrique à prévenir et gérer les urgences complexes, ainsi qu’à y répondre.
Les échanges ont porté sur l’amélioration du partage de
renseignements, de l’entraînement conjoint, des mécanismes d’alerte
précoce, de la coordination interinstitutionnelle et de la coopération régionale. Les participants ont souligné la nécessité d’harmoniser les doctrines opérationnelles, de renforcer la coopération civilo-militaire et de développer des capacités interopérables afin de faciliter des réponses rapides et coordonnées au-delà des frontières nationales.
Les responsables de la défense ont également insisté sur l’importance
d’intégrer le respect des droits de l’homme, l’obligation de rendre des comptes et la protection des civils dans les réponses militaires, en particulier lors d’urgences humanitaires, d’opérations de secours en cas de catastrophe et d’autres missions non combattantes.
Dans son allocution principale, le président ougandais Yoweri Museveni
a mis en lumière l’interdépendance entre sécurité nationale, développement économique et intégration régionale.
Il a souligné que des capacités de défense durables nécessitent des
fondations économiques solides, exhortant les nations africaines à
aligner leurs priorités sécuritaires sur la création de richesses, le
développement industriel et une prospérité continentale accrue.
L’un des résultats majeurs de la conférence a été la décision de
mettre en place un mécanisme institutionnel chargé de coordonner et de suivre la mise en œuvre des recommandations adoptées, l’Ouganda ayant été désigné pour accueillir le secrétariat. Le forum se réunira tous
les deux ans pour faire le point sur les progrès accomplis, renforcer
la collaboration et faire avancer les priorités communes en matière de
sécurité.
Le rapport diffusé par le groupe APO pour le compte du ministère kényan de la Défense indique que la conférence a marqué une étape importante vers l’institutionnalisation de la coopération continentale dans le domaine des opérations militaires autres que la guerre, renforçant ainsi le rôle des forces de défense africaines face aux
défis sécuritaires émergents, tout en soutenant l’action humanitaire,
la protection des civils et la résilience nationale.
Le rapport ajoute que, pour les Forces de défense du Kenya, cet engagement a offert l’occasion de contribuer au dialogue continental sur la défense, de renforcer les partenariats militaires et de promouvoir des approches collectives en matière de sécurité régionale, de stabilité et de préparation opérationnelle.
GIK/fss/Sf/APA





