La transformation numérique et les réformes institutionnelles figurent au cœur des travaux de la 42e Assemblée générale du Conseil des Bureaux du Système d’assurance Carte Brune de la Cédéao, ouverte mardi à Dakar, avec pour objectif d’améliorer l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation transfrontaliers.
S’exprimant à la cérémonie d’ouverture, El Hadj Amar Kébé, président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA) et chef du Bureau national de la Carte Brune CEDEAO, a appelé à une modernisation des mécanismes de fonctionnement du système régional afin de répondre aux exigences croissantes de mobilité et d’intégration économique.
« Nous devons constamment améliorer nos pratiques et renforcer la confiance de l’ensemble des acteurs », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de rendre les procédures plus rapides, plus fiables et plus transparentes.
Placée sous le thème « La Carte Brune de la CEDEAO à un tournant décisif : réforme institutionnelle, transformation numérique et quête d’excellence dans l’assurance automobile transfrontalière », cette rencontre (19-20 octobre 2026) réunit des responsables de bureaux nationaux, des compagnies d’assurance et des autorités de régulation.
Les enjeux sont importants pour ce dispositif régional destiné à garantir une indemnisation prompte et équitable aux victimes d’accidents impliquant des véhicules en provenance d’un autre pays membre. Selon les données communiquées par les organisateurs, plus de 1,6 milliard de FCFA ont été versés au titre du règlement de sinistres transfrontaliers au cours du premier semestre 2026.
Face à l’intensification des échanges commerciaux et à la croissance de la mobilité sur les corridors routiers ouest-africains, le renforcement de la coopération entre les bureaux nationaux apparaît comme une priorité. Le traitement des dossiers, le recouvrement des créances et la gestion des compensations constituent notamment des défis pour l’efficacité du système.
La digitalisation comme levier de performance
La généralisation de l’attestation numérique figure parmi les principales perspectives examinées à Dakar. Pour El Hadj Amar Kébé, les nouvelles technologies offrent des possibilités d’amélioration du traitement des dossiers, de vérification des documents et de circulation de l’information entre les différents acteurs.
La digitalisation doit également favoriser une meilleure traçabilité des opérations, réduire les erreurs et raccourcir les délais de traitement. Elle s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation visant à renforcer la fiabilité du dispositif et la confiance entre les bureaux nationaux.
Parallèlement, les réformes institutionnelles doivent permettre de clarifier les responsabilités, d’améliorer la coordination et de consolider les mécanismes de gouvernance. L’excellence professionnelle demeure également un axe majeur, notamment en matière de qualité des services et de respect des engagements financiers.
L’indemnisation des victimes au centre des priorités
Au-delà des évolutions technologiques et organisationnelles, la finalité du système reste la protection des victimes d’accidents de la circulation. « Derrière chaque dossier, chaque document d’assurance et chaque procédure, il y a des familles, des transporteurs, des voyageurs et des victimes qui attendent de notre système un service rapide, juste et équitable », a rappelé le responsable sénégalais.
Cette exigence place l’efficacité de l’indemnisation au centre des réformes envisagées. La fluidité des échanges d’informations et une meilleure coordination entre les bureaux nationaux sont essentielles pour assurer le suivi des sinistres et le respect des obligations des différents acteurs.
Pour le Sénégal, l’accueil de cette Assemblée générale constitue une occasion de contribuer au renforcement de la coopération régionale. El Hadj Amar Kébé a notamment mis en avant la continuité des acquis, la concertation entre les parties prenantes et la transformation des pratiques comme principes directeurs de cette dynamique.
Les travaux de Dakar doivent permettre aux participants de partager leurs expériences et de dégager des orientations communes pour rendre la Carte Brune CEDEAO plus performante. L’enjeu est de consolider cet instrument d’intégration régionale tout en améliorant concrètement la prise en charge des victimes d’accidents transfrontaliers.
TE/Sf/APA





