Médecins Sans Frontières (MSF) a appelé à renforcer d’urgence la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), estimant que le ralentissement observé dans certains foyers ne traduit pas un recul de la maladie, alors que le virus continue de gagner de nouvelles zones où les capacités sanitaires restent limitées.
Dans un communiqué publié le 18 septembre 2026, l’organisation médicale internationale indique que la baisse des admissions dans certains centres de traitement et le ralentissement de la transmission peuvent donner une impression d’accalmie, mais que de nouveaux cas continuent d’apparaître dans d’autres régions.
« Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains de nos centres de traitement Ebola reçoivent moins de patients serait une erreur », a déclaré Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, cité dans le communiqué.
Selon les dernières données disponibles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC comptait au 16 septembre 2026 quelque 7.475 cas confirmés et 3.605 décès liés à la maladie à virus de Bundibugyo, pour un taux de létalité de 48 %.
L’épidémie, qui avait débuté en Ituri, s’est progressivement étendue à d’autres provinces. Un rapport de l’OMS couvrant la situation au 13 septembre faisait état de sept provinces affectées, avec l’apparition d’un premier cas confirmé dans la province du Sud-Ubangi. Le nombre total de zones de santé touchées était alors de 62.
Le Nord-Kivu figure désormais parmi les principaux foyers de transmission, tandis que l’Ituri demeure la province la plus touchée. L’OMS souligne que les dynamiques de transmission sont désormais différentes selon les provinces et les zones de santé, avec une progression persistante dans certaines régions.
Pour MSF, cette extension géographique constitue un risque important, notamment dans les zones où les structures sanitaires disposent de moyens limités pour détecter rapidement les cas, isoler les patients et interrompre les chaînes de transmission.
L’organisation a déployé des équipes de réponse rapide chargées notamment de la détection précoce des cas, de la prise en charge des patients, de la prévention et du contrôle des infections, du suivi des contacts, de la surveillance épidémiologique et de la mobilisation des communautés.
À Bambu, dans une zone de santé où une équipe de réponse rapide est actuellement mobilisée, MSF fait état d’un système de santé soumis à de fortes pressions, notamment en raison du manque de personnel, du sous-financement et des capacités limitées de référencement des patients.
« Nos équipes assurent une réponse de première ligne afin de combler les besoins les plus urgents en attendant que la réponse globale soit renforcée », a expliqué Anthony Kergosien.
MSF appelle ainsi les agences des Nations unies, notamment l’OMS, à renforcer leur intervention dans les zones éloignées des principaux centres de traitement. L’organisation estime que la riposte doit couvrir l’ensemble des piliers de la lutte contre Ebola, notamment la surveillance, la détection des cas, la prise en charge médicale, la prévention et le contrôle des infections, la vaccination, le suivi des contacts et l’engagement communautaire.
Parallèlement, MSF et son centre de recherche épidémiologique Epicentre ont annoncé le lancement, avec leurs partenaires, d’une étude de vaccination destinée aux personnels de première ligne en RDC, alors que la transmission du virus de Bundibugyo se poursuit.
La situation reste donc suivie de près par les autorités sanitaires et les partenaires internationaux, l’extension de l’épidémie à de nouvelles zones faisant peser un risque supplémentaire sur des systèmes de santé déjà fragilisés.
TE/APA





