Les ministres africains de la Santé ont adopté jeudi à Addis-Abeba un cadre décennal visant à consolider les acquis de la lutte contre la poliomyélite et à intégrer progressivement les capacités développées dans ce combat aux systèmes nationaux de santé.
Le Cadre pour la transition et la pérennisation de la lutte contre la poliomyélite dans la Région africaine de l’OMS (2026-2035) a été approuvé lors de la 76e session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, organisée du 24 au 28 août dans la capitale éthiopienne.
Selon l’OMS, ce dispositif doit permettre aux pays de maintenir une surveillance épidémiologique efficace, de préserver les capacités des laboratoires et de riposte aux urgences, mais aussi de renforcer la vaccination de routine et de garantir des financements nationaux durables.
L’initiative intervient alors que l’Afrique, malgré des progrès majeurs, reste confrontée à la circulation de poliovirus variants. La Région africaine avait obtenu en 2020 la certification d’absence de poliovirus sauvage autochtone, après plusieurs décennies d’efforts consacrés à l’éradication de la maladie.
Cependant, des flambées persistent dans plusieurs zones. Plus de 180 cas ont été signalés depuis le début de 2026, principalement dans le bassin du lac Tchad et dans la Corne de l’Afrique, deux régions identifiées comme des foyers de transmission préoccupants.
Pour les autorités sanitaires, la diminution progressive des financements consacrés spécifiquement à la polio représente désormais un risque pour les acquis obtenus. Le nouveau cadre vise donc à empêcher la disparition des compétences, infrastructures et mécanismes de surveillance construits au cours de plusieurs décennies.
Les capacités développées dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) devront ainsi être mises davantage au service des systèmes de santé. Elles concernent notamment les laboratoires, les ressources humaines, la surveillance épidémiologique, les mécanismes d’intervention d’urgence et les réseaux communautaires.
L’OMS rappelle que ces capacités ont déjà joué un rôle dans la réponse à plusieurs crises sanitaires, notamment Ebola, Marburg, le mpox, le choléra et la fièvre jaune. Elles contribuent également au renforcement de la vaccination de routine et des dispositifs de préparation aux épidémies.
Les États membres sont appelés à élaborer ou renforcer leurs plans nationaux de transition, à intégrer les fonctions essentielles de la lutte contre la polio dans les programmes ordinaires de santé et à accroître la mobilisation de ressources nationales.
L’OMS poursuivra pour sa part son accompagnement technique, facilitera le partage d’expériences entre les pays et assurera un suivi annuel de la mise en œuvre du cadre régional.
TE/Sf/APA





