Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a affirmé dimanche à Béchar que « l’Algérie avance fière et victorieuse », lors d’un discours prononcé à l’occasion de la mise en avant du projet minier de Ghar Djebilet, présenté comme une réalisation nationale majeure. L’allocution, tenue devant des responsables civils et militaires ainsi que des membres du corps diplomatique accrédité à Alger, s’est inscrite dans une mise en scène fortement symbolique, convoquant la mémoire de la guerre de libération et l’héritage des martyrs.
Dans un parallèle appuyé avec le 24 février 1971, date de la nationalisation des hydrocarbures sous la présidence de Houari Boumediene, le chef de l’État a cherché à inscrire son action dans une continuité historique, présentant Ghar Djebilet comme l’expression d’un « nationalisme mobilisateur ». Ce registre, largement applaudi dans la salle, a servi de socle à un discours valorisant la volonté politique et l’autonomie nationale, sans toutefois apporter d’éléments précis sur les conditions économiques, financières et industrielles de mise en œuvre du projet.
Le président Tebboune a mis en avant la construction en moins de deux ans d’une ligne ferroviaire de près de 1 000 kilomètres reliant le sud-ouest du pays au nord, qualifiant l’ouvrage « d’exploit hors normes ». Là encore, l’accent a été mis sur la prouesse et la rapidité d’exécution, comparée à des délais de chantiers publics plus ordinaires, sans que ne soient détaillés les coûts, les standards de rentabilité ou les modalités de financement à long terme.
Le chef de l’État a insisté sur le caractère « algérien » du projet – volonté, financement et compétences nationales – tout en reconnaissant l’appui de partenaires chinois. Cette mise en récit vise à conforter l’idée d’une souveraineté économique retrouvée, alors même que la dépendance aux hydrocarbures demeure structurelle et que la diversification productive annoncée depuis plusieurs années peine à se matérialiser de façon mesurable.
Sur le plan stratégique, le président a présenté Ghar Djebilet comme la première étape d’un vaste programme minier et logistique, incluant d’autres projets ferroviaires et portuaires. Ces annonces s’inscrivent dans un discours de projection, fondé sur des promesses de transformation économique rapide du Grand Sud, mais sans calendrier détaillé ni indicateurs publics permettant d’en évaluer l’impact réel sur l’emploi, les exportations ou les finances publiques.
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