Un nouvel incident en Tunisie, un nouveau bus caillassé dès sa mise en service, illustre la multiplication des actes de vandalisme qui fragilisent le transport public et alourdissent les charges de l’État.
Un bus flambant neuf assurant la liaison entre Tunis et Djerba a été la cible de jets de pierres lors de son tout premier voyage, contraignant les autorités à immobiliser le véhicule. L’incident, survenu mercredi, s’inscrit dans une série d’attaques visant les moyens de transport public en Tunisie, un phénomène que les autorités décrivent comme désormais récurrent.
Le directeur général du Transport terrestre au ministère tunisien du Transport, Tarak Bouazizi, a confirmé l’information jeudi 5 mars sur la radio Mosaïque FM. Selon lui, les agressions contre les infrastructures et les véhicules de transport collectif se multiplient à un rythme inquiétant, prenant principalement la forme de caillassages ou de dégradations visant les bus, les trains et les rames de métro.
Dans le cas du bus reliant Tunis à Djerba, le véhicule venait d’entrer en service et devait transporter 54 passagers, parmi lesquels de nombreux étudiants et usagers dépendant de cette ligne pour leurs déplacements. L’attaque a provoqué des dommages matériels qui ont rendu le bus inutilisable, illustrant les difficultés croissantes auxquelles est confronté le réseau de transport public.
Selon les données communiquées par le ministère du Transport, près de 900 actes de vandalisme ont été recensés en 2025 contre les moyens de transport publics dans le pays. Ces incidents entraînent non seulement des perturbations régulières du service, mais aussi des coûts de réparation jugés particulièrement lourds pour les finances publiques.
« Il s’agit d’un budget colossal qui pèse sur l’État et qui perturbe également le fonctionnement normal des lignes », a indiqué Tarak Bouazizi, soulignant que la multiplication de ces attaques complique la gestion d’un secteur déjà fragilisé par des contraintes financières et logistiques.
Au-delà des dégâts matériels, les autorités s’inquiètent également de la sécurité du personnel du secteur. Selon le responsable du ministère, plusieurs agents ont été victimes d’agressions au cours des derniers mois et un décès a même été enregistré, ce qui témoigne de la gravité du phénomène.
Face à cette situation, le ministère du Transport appelle à un renforcement des efforts de prévention et de sensibilisation, notamment auprès des jeunes. Tarak Bouazizi a notamment souligné que certains actes sont commis par des mineurs, ce qui complique la réponse sécuritaire et judiciaire.
MK/AK/Sf/APA





