Après une intrusion armée visant à imposer un vice-président, le Bureau d’audit libyen suspend ses activités, révélant la vulnérabilité des organes de contrôle face aux rapports de force.
Le Bureau d’audit libyen a annoncé la suspension de ses activités jusqu’à nouvel ordre, après une attaque menée par des hommes armés contre son siège à Tripoli. Selon un communiqué de l’institution, les assaillants auraient tenté d’imposer la nomination d’un vice-président, à la suite d’échanges entre la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État.
Le raid aurait mis en danger le président, les membres et les employés du bureau, tout en compromettant son indépendance. Cet incident met en lumière les difficultés persistantes de l’État libyen à protéger ses institutions contre les interventions coercitives.
L’institution affirme que les individus armés ont cherché à installer un responsable sans fondement légal, en recourant à la force plutôt qu’aux procédures prévues par la législation. Elle considère cette intrusion comme une atteinte à sa capacité d’exercer librement ses missions de contrôle.
La suspension doit, selon elle, préserver son indépendance jusqu’à ce que les autorités compétentes soient informées et que les circonstances de l’attaque soient clarifiées. Mais l’interruption des activités d’un organe chargé de l’audit et du contrôle constitue une nouvelle fragilisation de l’appareil institutionnel, dans un pays où la transparence de la gestion publique demeure un enjeu majeur.
Le Bureau d’audit a rejeté toute possibilité d’exercer ses fonctions sous intimidation ou contrainte armée. Il a annoncé son intention d’engager les procédures judiciaires disponibles contre les responsables du raid et contre toute tentative de remplacement forcé de sa direction.
Cette réaction souligne le caractère particulièrement préoccupant de l’incident : une institution chargée de vérifier la régularité de la gestion publique se retrouve elle-même exposée à des pressions susceptibles d’affecter son fonctionnement. L’absence de protection effective de ses locaux et de son personnel interroge sur la capacité des autorités à garantir l’autonomie des organes de contrôle.
L’affaire révèle également les conséquences de la rivalité entre institutions politiques libyennes. La correspondance évoquée entre la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État, dont le contenu et la portée juridique ne sont pas précisés dans le communiqué, semble avoir servi de contexte à la tentative de nomination.
Dans un paysage institutionnel marqué par des légitimités concurrentes et des désaccords sur les mécanismes de désignation, l’intervention d’hommes armés risque de substituer le rapport de force à la règle de droit. Il appartient désormais aux autorités compétentes d’établir les responsabilités et de clarifier les procédures applicables.
MK/AK/Sf/APA





