L’ambassade du Maroc au Mali a organisé, samedi 31 octobre 2026 à Bamako, une table ronde consacrée à l’unité nationale marocaine et à la stabilité de l’espace sahélo-saharien. L’ambassadeur Driss Isbayene y a défendu l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, dans un contexte marqué par la non-reconduction du mandat de la mission des Nations unies dans ce territoire.
La rencontre, organisée à l’occasion de la première célébration de la Fête de l’Unité, a réuni des personnalités maliennes et marocaines autour du thème « L’unité nationale du Maroc, facteur de stabilité et de développement dans l’espace sahélo-saharien ».
Cette commémoration a été instituée par le roi Mohammed VI à la suite de l’adoption, le 31 octobre 2025, de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui avait retenu le plan d’autonomie marocain comme base des négociations pour un règlement politique du différend du Sahara.
Au cours de son intervention, l’ambassadeur du Maroc, Driss Isbayene, a présenté cette initiative, soumise à l’ONU en 2007, comme une proposition de compromis susceptible de favoriser une solution politique durable.
Le projet prévoit notamment des institutions régionales disposant de compétences législatives, exécutives et judiciaires, ainsi que des ressources financières propres, dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Une dimension sahélo-saharienne
Pour le diplomate, le règlement du différend du Sahara pourrait contribuer à relancer les mécanismes d’intégration régionale et à renforcer la coopération face aux menaces transfrontalières, notamment le terrorisme, les trafics illicites et la migration irrégulière.
L’ambassadeur a également évoqué les difficultés rencontrées dans le processus de règlement de ce conflit territorial, opposant depuis plusieurs décennies le Maroc au Front Polisario, favorable à l’indépendance du Sahara occidental.
Les échanges ont permis à plusieurs intervenants maliens d’aborder les relations historiques entre les deux pays et les perspectives de développement économique dans l’espace sahélo-saharien.
L’historien malien Daouda Tékété a notamment insisté sur les liens anciens entre le Mali et le Maroc, ainsi que sur leur appartenance à un espace africain partageant des intérêts économiques et humains.
De son côté, Soulaymane Satigui Sidibé, président de TIRAC-Sahel, a souligné l’importance des investissements dans les infrastructures, l’éducation, la santé et les services sociaux pour favoriser la prévention des conflits.
Il a également plaidé pour une approche associant sécurité, développement et dialogue politique, estimant que la stabilité des pays sahéliens nécessitait des réponses durables aux difficultés économiques et sociales.
Des relations bilatérales renforcées
La célébration intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Bamako et Rabat.
Le 10 avril 2026, le Mali avait annoncé le retrait de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), avant de réaffirmer, en juillet, son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et au plan d’autonomie proposé par Rabat.
Cette position avait été rappelée lors de la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération maroco-malienne, organisée du 21 au 24 juillet à Bamako, après vingt-six années d’interruption.
Les deux pays avaient alors réaffirmé leur volonté d’approfondir leur coopération dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’énergie, la santé, la formation, les infrastructures et les investissements.
Le Mali figure également parmi les pays sahéliens concernés par l’initiative marocaine visant à faciliter leur accès à l’océan Atlantique.
La table ronde du 31 octobre s’est tenue au lendemain de l’échec, au Conseil de sécurité de l’ONU, de deux projets de résolution destinés à prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Le Conseil de sécurité des Nations unies n’ayant adopté aucun des deux projets de résolution soumis au vote le 30 octobre, le mandat de la MINURSO, créée en 1991, est arrivé à expiration le 31 octobre 2026 sans être renouvelé. Le Maroc a salué cette évolution, qu’il considère comme une étape importante vers le règlement du dossier du Sahara.
La célébration organisée à Bamako a ainsi permis à l’ambassadeur marocain de rappeler les positions de Rabat et de mettre l’accent sur les perspectives de coopération entre les pays d’Afrique du Nord et du Sahel.
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