Les discussions, ouvertes vendredi sous l’égide des autorités turques, ont réuni des représentants de l’Armée nationale libyenne basée dans l’Est et du ministère de la Défense du Gouvernement d’union nationale (GNU), établi à Tripoli. Selon des sources libyennes citées par la presse régionale, les échanges n’ont pas abouti à un compromis définitif sur la structure du commandement militaire unifié.
Les principaux désaccords concernent la chaîne de commandement et les relations entre l’armée unifiée et le pouvoir politique. Les deux parties divergent notamment sur l’autorité chargée de superviser les forces, de nommer les commandants, de diriger les opérations et de contrôler le budget militaire. L’enjeu est d’éviter qu’un seul camp ne dispose d’un contrôle exclusif sur l’appareil militaire national.
Des discussions auraient également porté sur une éventuelle réorganisation des fonctions de commandement et sur le partage des responsabilités entre le ministère de la Défense et le Conseil présidentiel.
Les négociateurs ont toutefois défendu des approches différentes, les représentants de Tripoli privilégiant un cadre strictement militaire et technique, tandis que les questions politiques restent renvoyées à d’autres mécanismes de dialogue.
Des avancées auraient néanmoins été enregistrées sur le choix de Syrte, dans le centre du pays, comme possible siège du commandement militaire conjoint. La reprise des négociations était attendue samedi, alors que des représentants de l’Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar arrivaient à Ankara. La nature exacte de leur participation aux discussions n’avait cependant pas été précisée.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts régionaux et internationaux visant à rapprocher les institutions rivales libyennes. Le processus de dialogue dit « 4+4 », soutenu par les Nations Unies, doit notamment contribuer à dégager un consensus sur les arrangements institutionnels et les prochaines échéances politiques. La conclusion d’un accord budgétaire unifié et l’organisation d’exercices militaires conjoints figurent également parmi les initiatives destinées à réduire les divisions.
La Turquie a affiché son optimisme quant aux perspectives de réunification des forces armées. Mais l’absence d’accord à Ankara souligne la persistance des rivalités de pouvoir entre l’Est et l’Ouest libyens. Au-delà des modalités techniques, l’unification militaire demeure conditionnée à un compromis politique sur l’autorité nationale, la répartition des responsabilités et le contrôle des ressources sécuritaires.
MK/AK/Sf/APA





