Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) a vivement réagi à la suite de la convocation de six hauts responsables de sa formation politique devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal de première instance d’Abidjan.
Le parti d’opposition y voit une manœuvre d’intimidation ciblée et une tentative d’étouffement des voix dissidentes dans un paysage politique ivoirien encore convalescent. Dans sa déclaration, le parti exige l’arrêt immédiat de l’instrumentalisation politique de l’appareil judiciaire.
Les faits se sont accélérés le jeudi 15 octobre 2026. Le vice-président et doyen des juges d’instruction, en charge du 8e cabinet d’instruction au Tribunal de première instance d’Abidjan, a adressé des convocations officielles à plusieurs figures de proue du PDCI.
Parmi les personnalités visées figurent Georges Philippe Ezaley, vice-président et vice-coordonnateur des activités des vice-présidents du PDCI, par ailleurs conseiller spécial du parti. Alain Cocauthrey, ancien ministre et actuel directeur de cabinet du président du PDCI est également visé.
Parmi les personnalités visées par les convocations judiciaires figurent Mandodja Mbia Roger, vice-président et directeur général du parti, Yohou Dia Houphouët Augustin, vice-président et secrétaire exécutif chargé de la mobilisation, ainsi que Hervé Fian et Guillaume Kouakou, tous deux membres du Bureau politique.
Selon les détails fournis par la formation politique, ces auditions doivent s’échelonner du 15 au 23 octobre 2026. Fait marquant qui accentue l’inquiétude du parti : plusieurs de ces convocations font explicitement référence à la section antiterroriste du Tribunal de première instance d’Abidjan.
Pour la direction du PDCI, l’accumulation de ces procédures contre des cadres majeurs de deux grandes formations de l’opposition ne relève pas du hasard. Le parti qualifie cette situation de « signal politique grave » et dénonce une nouvelle étape dans la pression systémique exercée sur ceux qui réclament des garanties démocratiques pour la Côte d’Ivoire.
Un an jour après la crise électorale d’octobre 2025, les responsables du parti rappellent que le pays a un besoin impératif d’apaisement, de vérité et de réconciliation nationale. Il souligne que la multiplication de telles démarches judiciaires, combinée à la répression, aux détentions et à l’exil forcé de leaders politiques, s’avère « incompatible » avec la reconstruction de la confiance envers les institutions de la République.
Réaffirmant son attachement indéfectible à une justice indépendante et impartiale, le PDCI refuse catégoriquement que les événements de la crise électorale d’octobre 2025 servent de « prétexte permanent » pour fragiliser l’opposition.
La direction exige que la procédure judiciaire cesse de se transformer en une sanction politique automatique avant même tout procès ou jugement. Il demande l’abandon des poursuites qui ne reposent pas sur des faits précis, personnellement imputables et solidement étayés par des éléments de preuve.
Le PDCI, parti créé par Félix Houphouët-Boigny, réclame des mesures d’apaisement concrètes et vérifiables, à savoir la libération immédiate des prisonniers politiques arrêtés pour l’exercice pacifique de leurs droits, ainsi que la mise en place de conditions sécurisées pour le retour des exilés.
AP/APA





