Des centaines de personnes ont manifesté à Tunis pour réclamer la libération de quatre militants pro-palestiniens détenus depuis mars dans le cadre d’une enquête sur la gestion de fonds destinés à la Global Sumud Flotilla.
Des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi dernier dans la capitale tunisienne pour demander la libération de quatre activistes pro-palestiniens incarcérés depuis mars. Les militants sont poursuivis pour un usage présumé frauduleux de fonds collectés au profit de la Global Sumud Flotilla, initiative présentée comme humanitaire et destinée à acheminer de l’aide vers la bande de Gaza.
Les arrestations sont intervenues alors que les organisateurs préparaient une nouvelle mission maritime vers Gaza, finalement annulée. La flottille avait déjà tenté en 2025 d’atteindre le territoire palestinien, avant d’être interceptée par Israël. Ses embarcations avaient alors été saisies et ses participants détenus puis expulsés. Avant cette opération, la flottille avait fait escale au port de Sidi Bou Saïd, où deux drones avaient visé ses embarcations.
La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) conteste la nature des poursuites. Son président, Bassem Trifi, a qualifié les quatre détenus de « prisonniers de conscience et politiques » et a alerté sur la dégradation de leur état de santé. Selon lui, Wael Naouar observait samedi son 32e jour de grève de la faim et se trouvait dans un état physique et psychologique « gravement détérioré ». D’autres détenus en étaient, selon la même source, à leur huitième jour de grève.
Le Comité national de défense des militants de la flottille Soumoud et des droits palestiniens a également dénoncé les poursuites engagées contre les activistes. Son membre Ghassen Bouazi a accusé les autorités tunisiennes de chercher à criminaliser les initiatives indépendantes de solidarité avec les Palestiniens. Il a par ailleurs affirmé que cette affaire s’inscrivait, selon lui, dans une campagne plus large visant des responsables politiques, des défenseurs des droits humains et des journalistes.
Les défenseurs des militants évoquent enfin de possibles « pressions de l’étranger », sans en préciser la nature. Les autorités tunisiennes n’ont pas, dans les éléments fournis, apporté de réponse à ces accusations ni détaillé les charges retenues contre les quatre détenus. La mobilisation intervient ainsi dans un contexte de tensions persistantes autour des initiatives tunisiennes de soutien à la cause palestinienne et de la participation à des opérations internationales destinées à rejoindre Gaza.
MK/AK/Sf/APA





