Le ministre sénégalais de la Justice, Garde des Sceaux, Maître Moussa Sarr, a lancé mercredi à Dakar la première édition de la Journée annuelle de dialogue entre son département et les organisations de la société civile, une initiative destinée à renforcer la concertation sur les droits humains, l’accès à la justice et la bonne gouvernance.
La cérémonie, organisée au Building administratif Président Mamadou Dia, a réuni des représentants des institutions nationales, des organisations de défense des droits humains, du corps diplomatique ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Instituée par arrêté ministériel du 1er octobre 2026, cette journée ambitionne de pérenniser les échanges entre le ministère de la Justice et la société civile, en vue d’associer les acteurs citoyens à la réflexion sur les politiques publiques et au suivi de leur mise en œuvre.
Dans son allocution, Maître Moussa Sarr a inscrit cette démarche dans les orientations du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, notamment celles définies dans l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », qui place la consolidation de l’État de droit et le respect des droits humains au cœur des priorités nationales.
Le Garde des Sceaux a souligné que la réalisation effective de ces objectifs exige une coopération étroite entre les pouvoirs publics et les organisations citoyennes. Il a notamment mis en avant leur contribution à la défense des libertés fondamentales, à la dénonciation des violations et à la formulation de propositions de réformes.
« L’État et la société civile ne se font pas face. Ils marchent ensemble et regardent dans la même direction, celle du bien commun », a-t-il déclaré, présentant la société civile comme un partenaire essentiel de l’action publique.
Le ministre a également réaffirmé l’importance de garantir aux défenseurs des droits humains un environnement propice à leurs activités, dans le respect des libertés d’expression, d’association et de réunion prévues par la Constitution.
Le dialogue annoncé devra être participatif et inclusif, en accordant une place aux différentes composantes de la société civile, notamment les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap, les détenus et leurs familles. Le ministère entend également privilégier des échanges fondés sur l’écoute, la responsabilité et l’examen des faits.
L’accès à la justice au cœur des priorités
Les discussions devront permettre d’identifier des réponses concrètes aux difficultés auxquelles le système judiciaire est confronté. Parmi les principaux enjeux cités figurent le rapprochement de la justice des justiciables, la réduction des délais de traitement des affaires, la limitation du recours à la détention provisoire et le renforcement de la protection des personnes vulnérables.
La lutte contre les violences basées sur le genre, la protection de l’enfance, le respect de la dignité humaine dans les lieux de privation de liberté ainsi que la lutte contre la corruption et l’impunité figurent également parmi les sujets prioritaires.
Maître Moussa Sarr a particulièrement insisté sur l’accès des populations démunies au droit et aux tribunaux. Il a évoqué, à ce titre, la nécessité de renforcer les maisons de justice, l’aide juridictionnelle et les dispositifs d’assistance aux justiciables, tout en valorisant le rôle des boutiques de droit et des parajuristes.
Sur le terrain de la gouvernance, le ministre a rappelé que la transparence, la redevabilité et l’intégrité constituent des exigences fondamentales. Il a souligné l’importance de l’appropriation, par les citoyens, des textes relatifs à l’accès à l’information, à la déclaration de patrimoine et à la protection des lanceurs d’alerte.
Un mécanisme de suivi des recommandations prévu
Au-delà de cette première rencontre, le ministère de la Justice entend mettre en place un dispositif permettant d’assurer la continuité des échanges et de mesurer les résultats obtenus.
Selon le ministre, l’arrêté instituant cette journée prévoit l’élaboration d’un rapport annuel sur la mise en œuvre des recommandations, sous la coordination du Secrétariat permanent du Conseil consultatif national des Droits de l’homme et du Droit international humanitaire.
Ce rapport devra présenter les avancées réalisées, expliquer les éventuels retards et s’appuyer sur les contributions des ministères concernés ainsi que sur les informations communiquées par les organisations de la société civile.
Les travaux de cette première édition devront notamment déboucher sur des propositions concernant la représentativité des organisations participantes, les modalités de conduite des débats et l’organisation du suivi des engagements.
Pour le Garde des Sceaux, la pérennité du dispositif dépendra de sa capacité à dépasser le cadre des rencontres formelles pour produire des résultats tangibles au bénéfice des citoyens.
Cette initiative intervient à l’occasion de la Journée africaine des droits de l’homme, qui commémore l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Elle coïncide avec la clôture, à Dakar, de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
En lançant officiellement cette première édition, Maître Moussa Sarr a appelé à l’instauration d’une collaboration durable entre son département et les organisations citoyennes, afin de faire des droits consacrés par les textes des réalités accessibles à tous.
TE/APA





