Réunis en collectif, les souscripteurs grugés par la mutuelle de la DAF du ministère des Finances ont brisé le silence ce mardi 13 octobre 2026 à Abidjan. Ils réclament la restitution immédiate de leurs fonds et interpellent directement le chef de l’État, Alassane Ouattara, alors que le principal suspect doit être jugé le 21 octobre prochain.
L’affaire secoue le milieu des affaires et de la fonction publique. Le Collectif des victimes des projets immobiliers de la MUTADAFP (CVPI-MUTADAFP) rassemble 800 particuliers, extérieurs à la mutuelle, qui ont investi leurs économies dans l’espoir d’acquérir des maisons ou des terrains nus.
Chaque souscripteur a versé 5 millions de FCFA, recevant en échange des « attestations de fin de paiement ». Pourtant, sur le terrain, les promesses ne se sont jamais concrétisées.
« C’est depuis 2021 que j’ai souscrit. De 2021 jusqu’à aujourd’hui, je n’ai toujours pas reçu mon terrain que je devais avoir à Bingerville », a témoigné Seydou Traoré, représentant du collectif. Au total, le préjudice financier s’élève à 4 milliards de FCFA.
Les regards se tournent vers une figure centrale : Abel Gnandé Bloa, ancien dirigeant de la mutuelle. Selon le collectif, il était le « seul signataire du compte sur lequel les souscripteurs déposaient leur argent ». L’homme est aujourd’hui devant la justice.
Au-delà des chiffres, le président du mouvement citoyen Les Chapeaux Rouges et porte-parole des victimes, Kunta Cahié, a dénoncé le drame social qui découle de cette situation. Il déplore des problèmes de santé graves chez plusieurs victimes, des crises conjugales et des divorces provoqués par la perte des économies.
Malgré des démarches auprès du nouveau comité de la mutuelle et du directeur des Affaires financières (DAF) du ministère des Finances, aucune issue concrète n’a été trouvée. Le collectif refuse désormais toute nouvelle proposition de terrains et exige une solution financière claire : le remboursement intégral.
Face à l’impasse, les victimes ont adressé des courriers à la Primature et à l’Assemblée nationale, et sollicitent l’intervention directe du président Alassane Ouattara. Armé de reçus de versement et d’une liste exhaustive, le collectif compte se rendre en masse au procès de Gnandé Bloa Abel, prévu le 21 octobre 2026 au Pôle pénal financier.
Si la justice ne leur donne pas satisfaction, le mouvement citoyen menace d’organiser une marche nationale pour faire entendre leurs droits.
AP/APA





