La Tunisie entend renforcer son ancrage commercial en Afrique. Le 6 octobre 2026, à Tunis, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a annoncé que le pays avait dépassé les 400 opérations d’importation et d’exportation réalisées dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette annonce, faite lors du lancement du programme régional BOOSTER SMEs, consacré à l’accompagnement des petites et moyennes entreprises d’Afrique du Nord, marque une étape dans la mise en œuvre opérationnelle de l’accord continental. Elle ne constitue toutefois pas encore un bilan économique suffisamment documenté pour apprécier les retombées du dispositif sur l’économie tunisienne.
Le parcours tunisien dans la ZLECAf remonte à l’Initiative sur le commerce guidé, lancée en octobre 2022, avant l’émission du premier certificat d’origine du pays en mai 2023. Ces étapes ont permis aux entreprises concernées de commencer à utiliser concrètement les mécanismes commerciaux prévus par l’accord.
Pour Tunis, l’objectif est désormais d’élargir le nombre d’opérateurs engagés dans les échanges africains, de diversifier les débouchés et de favoriser l’intégration des entreprises nationales dans les chaînes de valeur continentales. Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de mieux maîtriser les règles d’origine, déterminantes pour bénéficier des préférences commerciales.
Un indicateur d’activité, pas encore une mesure de performance. Le chiffre de 400 opérations demeure néanmoins insuffisant pour évaluer la contribution réelle de la ZLECAf au commerce extérieur tunisien.
En l’absence de données sur la valeur financière des transactions, leur répartition sectorielle, le nombre d’entreprises concernées et les marchés desservis, il est impossible de déterminer si cette progression traduit une transformation substantielle des échanges ou une utilisation encore limitée du dispositif. Le nombre d’opérations renseigne sur l’activité administrative et commerciale, mais ne permet pas, à lui seul, de mesurer les gains de compétitivité, la création d’emplois ou la progression des exportations à plus forte valeur ajoutée.
MK/AK/Sf/APA





