Le roi Mohammed VI a prononcé ce vendredi 09 octobre un discours à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e Législature au siège du Parlement à Rabat.
Dans son discours à l’ouverture de la 12e Législature, le roi Mohammed VI a évoqué les relations entre le Maroc et l’Espagne, notamment dans le dossier de l’immigration, soulignant que le modèle actuel de coopération dans ce domaine est devenu dépassé.
Le discours royal a également évoqué le retard et les dysfonctionnements qui freinent toujours l’opérationnalisation de la décentralisation et de la déconcentration au Royaume, ainsi que les attentes du nouveau mandat législatif et gouvernemental, à la suite du scrutin législatif du 23 septembre. Pour le roi, «l’enjeu réel de la prochaine étape est l’action territoriale qui devra être menée sur le terrain pour identifier les vrais problèmes de chaque région et pour leur trouver des solutions réalistes ».
Dans son discours, le Souverain a jugé «dépassé» le modèle actuel de coopération migratoire avec les partenaires du royaume et a annoncé la remise prochaine aux partenaires du Maroc d’un document porteur d’une «vision stratégique claire et opérationnelle», destiné à fonder une orientation nouvelle au service du développement partagé, de la compétitivité économique et de la stabilité régionale.
Il a tenu à souligner que « l’approche équilibrée adoptée par notre pays dans la gestion de la question migratoire a abouti à des résultats concrets».
Toutefois, note le souverain marocain, cette coopération avec l’Espagne fait aujourd’hui face à des défis majeurs, liés à certaines dispositions juridiques obsolètes et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité.
« Nous devons reconnaître avec courage et objectivité que le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes », a-t-il dit.
Il a, en outre, précisé que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, « qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ».
Le Souverain a souligné que le Maroc a pu conforter sa position à l’international, en tant que partenaire responsable, fiable, soucieux d’honorer ses engagements et parfaitement fondé, par voie de conséquence, à recevoir le même traitement de la part de ses partenaires.
Dans ce sens, le roi a noté que « l’approche équilibrée que notre pays a adoptée dans la gestion du phénomène migratoire a abouti à des résultats concrets », relevant que « cependant, nous devons reconnaître, avec courage et objectivité qu’en la matière, le modèle actuel de coopération a atteint ses limites, comme en attestent clairement les crises récurrentes ».
Le Souverain a poursuivi que « la même analyse est valable pour notre voisine, l’Espagne, avec laquelle notre partenariat a connu d’importantes avancées dans les différents domaines, y compris dans la lutte contre l’immigration irrégulière ».
Néanmoins, souligne encore le Roi, cette coopération se heurte aujourd’hui à des défis majeurs, liés à certaines dispositions légales dépassées et à des décisions judiciaires éloignées de la réalité.
« Malheureusement, un tel attelage entrave le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié, et aiguise l’appétit des réseaux criminels », a déploré le Souverain marocain. Soulignant que « face aux déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques et à leur instrumentalisation flagrante de la situation, Nous affirmons que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ».
A cet égard, le Souverain a fait savoir que « le Maroc présentera à ses partenaires un document dans lequel sera exposée une vision stratégique, claire et pratique, porteuse d’une orientation nouvelle visant à promouvoir le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale ».
Sur le plan national, le roi Mohammed VI a affirmé devant les nouveaux députés élus suite aux législatives du 23 septembre 2026 que le nouveau mandat législatif et gouvernemental devra constituer un véritable tournant pour un Maroc soucieux de poursuivre son ambition de puissance économique émergente et fiable.
« Nous attendons qu’il constitue un véritable tournant pour un Maroc soucieux de poursuivre son ambition de puissance économique émergente et fiable et tout aussi attaché à trouver un équilibre harmonieux entre les logiques de croissance économique et les impératifs d’une justice sociale et spatiale renforcée », a lancé le Roi.
Outre l’activation des projets d’infrastructures à l’ordre du jour, le Souverain a souligné qu’une nouvelle génération de grandes stratégies doit être lancée, notamment dans les secteurs de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l’émergence industrielle, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle. Il a appelé de nouveau à une plus grande célérité dans le développement des capacités du Royaume en matière de constitution des réserves stratégiques et de sécurisation de l’approvisionnement en produits de première nécessité.
Le roi Mohammed VI a dans ce cadre exhorté le secteur privé à renforcer son rôle en tant qu’acteur stratégique de la transformation qui s’opère dans le Royaume à la faveur de son développement. Le secteur privé est appelé, ajoute-t-il, à se montrer plus entreprenant, plus créatif et plus apte à créer des opportunités d’emploi et à développer ses capacités d’investissement et d’exportation. Il convient également de placer les questions liées à la jeunesse en tête des politiques publiques et des préoccupations des instances de gouvernance, à travers l’élaboration d’une vision intégrée garantissant l’égalité des chances et couvrant l’éducation, la qualification et l’insertion économique, affirme le Souverain.
Par ailleurs, le Souverain estime inacceptable tout retard dans la mise en œuvre complète de la charte de la déconcentration administrative. Celle-ci suppose le transfert des compétences et des moyens humains et financiers du centre vers les provinces et les régions. Les retards et les dysfonctionnements de la décentralisation pèsent sur les programmes de développement économique et social, a relevé le roi, et freinent la prise en compte des attentes des citoyens.
Le discours a demandé une définition plus claire des compétences des régions et un accroissement de leurs ressources humaines et matérielles. Il a appelé à organiser les relations entre l’État et les régions par des mécanismes de coordination et de contractualisation, afin de permettre aux régions de décider et d’exécuter leurs projets.
L’enjeu réel de la prochaine étape est l’action territoriale qui devra être menée sur le terrain pour identifier les vrais problèmes de chaque région et pour leur trouver des solutions réalistes, a affirmé Mohammed VI.
Il a souligné que la promotion du développement intégré, l’amélioration de la qualité des services publics et l’encouragement de l’investissement productif sont étroitement liés au processus de régionalisation avancée et à la mise en œuvre de la déconcentration administrative.
« Or, le retard et les dysfonctionnements qui freinent toujours l’opérationnalisation de la décentralisation et de la déconcentration affectent les programmes de développement socio-économique et empêchent de répondre aux préoccupations réelles des citoyens », a-t-il relevé. Avant de souligner qu’ « aucun retard ni atermoiement n’est plus tolérable dans la mise en œuvre pleine et entière de la Charte de la Déconcentration, avec ce que cela implique en termes de transfert des compétences et de réaffectation des ressources humaines et financières nécessaires du Centre vers les provinces et les régions ».
Le Souverain a mis l’accent sur la nécessité de lever les obstacles qui continuent d’entraver le fonctionnement des institutions de la Région, notamment en définissant plus clairement les compétences y afférentes et en renforçant leurs effectifs humains et leurs ressources matérielles.
AK/Sf/APA





