Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé mardi la priorité accordée par Le Caire à la diplomatie et aux solutions pacifiques dans le dossier du barrage de la Renaissance, tout en soulignant que cette approche ne saurait, selon lui, se faire au détriment des intérêts fondamentaux de l’Égypte.
Le chef de l’État égyptien maintient son option’pour la voie diplomatique dans le dossier du barrage éthiopien sur le Nil. Il s’exprimait lors d’une réunion tenue au siège du Commandement stratégique dans la Nouvelle Capitale, en présence des ministres, des gouverneurs, de responsables des forces armées et de la police ainsi que de représentants des maires.
Selon un communiqué de la présidence égyptienne, Al-Sissi a indiqué que l’Égypte privilégiait les efforts diplomatiques dans le dossier du barrage éthiopien, tout en affirmant que cette position ne devait pas se faire «au détriment de l’existence de la nation et de son peuple».
Abdel Fattah Al-Sissi a également établi un lien entre la construction du barrage et la période d’instabilité politique traversée par l’Égypte entre 2011 et 2013. Selon lui, le projet éthiopien a été rendu possible par «l’absence de l’Etat» durant cette période, dont il a qualifié le coût pour l’Égypte de particulièrement lourd. Le président a parallèlement indiqué que son pays intensifiait ses efforts pour développer ses ressources hydriques, notamment à travers le dessalement de l’eau de mer ainsi que le traitement et le recyclage des eaux.
Le Grand barrage de la Renaissance (GERD), construit sur le Nil Bleu, reste au centre d’un différend entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan. Le Caire et Khartoum demandent depuis plusieurs années un accord encadrant notamment les modalités de remplissage et d’exploitation de l’ouvrage. Les négociations n’ont toutefois pas permis jusqu’ici d’aboutir à un accord contraignant accepté par les trois pays.
Sur le plan économique, Al-Sissi a également estimé que les événements de 2011 à 2013 avaient provoqué une contraction de l’économie égyptienne, dont le redressement complet pourrait, selon lui, nécessiter jusqu’à 15 ans. Il a cité parmi les principaux chocs subis depuis 2020 la pandémie de Covid-19, la guerre russo-ukrainienne et le conflit à Gaza. Le président a par ailleurs affirmé que l’instabilité régionale avait entraîné une perte d’environ 20 milliards de dollars de recettes du canal de Suez au cours des dernières années.
Abdel Fattah Al-Sissi a enfin insisté sur la nécessité de préserver la cohésion du front intérieur et les institutions de l’État. Il a affirmé que l’Égypte n’avait pas «d’agenda caché», tout en réaffirmant la priorité accordée à la cause palestinienne et aux efforts visant à contenir l’escalade régionale. Le président a présenté la préservation de la stabilité nationale comme une responsabilité collective impliquant les institutions et les citoyens.
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