Malgré la multiplication des initiatives diplomatiques visant à ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, tandis que l’épidémie d’Ebola vient aggraver une situation humanitaire déjà critique.
Les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), mais les combats se poursuivent dans plusieurs zones, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tandis que l’épidémie d’Ebola accentue la pression sur une situation humanitaire déjà préoccupante.
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), James Swan, a souligné le décalage persistant entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain.
Les discussions entre le gouvernement congolais et l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) ont repris en août en Suisse et ont abouti à une nouvelle feuille de route. Deux missions du mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu se sont notamment rendues à Minembwe, au Sud-Kivu, puis à Masisi, au Nord-Kivu.
Malgré ces initiatives, l’AFC/M23 conserve le contrôle de vastes territoires dans les deux provinces, selon les Nations Unies et plusieurs gouvernements occidentaux. Des affrontements avec l’armée congolaise et ses alliés se poursuivent notamment à Masisi et Walikale, au Nord-Kivu, ainsi que dans les hauts plateaux de Mwenga, Fizi et Uvira, au Sud-Kivu.
La situation continue également d’alimenter les déplacements de populations et de compliquer l’acheminement de l’aide humanitaire.
Intervenant devant le Conseil de sécurité, la présidente de la Société civile du Sud-Kivu, Néné Bintu Iragi, a dénoncé les exactions attribuées au M23 dans les zones sous son contrôle, notamment des assassinats, des incendies, des détentions arbitraires et l’imposition de taxes à la population.
Elle a également mis en avant la question de l’exploitation des ressources minières, citant notamment la cassitérite, le coltan et l’or, dont l’exploitation et la commercialisation contribueraient, selon elle, à alimenter le conflit.
Parallèlement, d’autres groupes armés continuent leurs attaques contre les populations civiles. En Ituri et dans certaines zones du Nord-Kivu, les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’organisation Etat islamique, ont notamment intensifié leurs activités, y compris autour de sites miniers.
Depuis juin, la MONUSCO et l’armée congolaise ont effectué plus de 3.100 patrouilles conjointes dans les zones menacées, selon les données présentées au Conseil de sécurité.
À cette insécurité s’ajoute l’épidémie d’Ebola, déclarée en mai. Au 28 septembre, James Swan faisait état de 8 000 cas confirmés et de 3 901 décès dans sept provinces. L’Ituri demeure l’un des principaux foyers, tandis que la transmission s’est fortement déplacée vers le Nord-Kivu.
L’insécurité, les difficultés d’accès à certaines zones et la défiance envers les autorités sanitaires compliquent la riposte contre la maladie.
La combinaison des conflits armés et de la crise sanitaire aggrave par ailleurs les besoins humanitaires. Plus de 26 millions de Congolais sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë et plus de six millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, alors que le plan humanitaire des Nations unies reste insuffisamment financé.
Face à cette situation, les acteurs de la société civile appellent à transformer les différents processus diplomatiques en mesures concrètes susceptibles d’améliorer la sécurité et les conditions de vie des populations de l’Est de la RDC.
DM/ac/Sf/APA





