Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a mis en garde contre la diffusion à l’étranger d’allégations de « génocide des Blancs », estimant que ces accusations nuisent à la réputation internationale du pays et compromettent les efforts visant à attirer des investissements, dans un contexte de chômage élevé.
Dans sa lettre hebdomadaire à la nation, M. Ramaphosa a souligné que l’Afrique du Sud avait besoin de croissance économique et d’investissements pour créer des emplois. Il a également critiqué ceux qui se rendent à l’étranger pour promouvoir ce qu’il qualifie de récit mensonger.
« À une époque où le chômage est élevé et où nous devons développer notre économie et attirer des investissements, se rendre dans des capitales étrangères pour propager le mensonge d’un “génocide des Blancs” et décourager l’investissement dans son propre pays n’est ni responsable ni patriotique », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent alors que l’attention internationale se porte à nouveau sur les affirmations de certains groupes afrikaners selon lesquelles les Sud-Africains blancs, et en particulier les agriculteurs, seraient systématiquement pris pour cibles par la criminalité violente et feraient l’objet de politiques gouvernementales discriminatoires.
Ces allégations ont notamment été relayées à l’étranger par des militants et des groupes de pression, particulièrement aux États-Unis.
Le gouvernement sud-africain rejette ces accusations. Il reconnaît que la criminalité violente demeure un problème national majeur, mais affirme qu’il n’existe aucune preuve d’une campagne visant à exterminer ou à persécuter systématiquement les citoyens blancs.
Les statistiques sur la criminalité montrent que les victimes appartiennent à différents groupes raciaux dans une société marquée par de profondes inégalités.
M. Ramaphosa a également lié cette question au projet démocratique de l’Afrique du Sud, affirmant que l’ordre constitutionnel du pays repose sur les principes de non-racisme, d’égalité, de démocratie et de dignité humaine.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions entre Prétoria et Washington, notamment au sujet des relations raciales, de la réforme agraire et des droits des minorités.
Récemment, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé des restrictions de visa visant certains ressortissants étrangers associés, selon Washington, à des politiques impliquant des saisies de terres sans indemnisation, des discriminations raciales ou l’incitation à la violence contre des groupes minoritaires en Afrique du Sud.
L’Afrique du Sud a rejeté cette interprétation, affirmant que ses politiques visent à remédier aux inégalités historiques tout en respectant la Constitution.
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