Le Burkina Faso, s’exprimant au nom de la Confédération des Etats du Sahel (AES), a appelé lundi à une réforme profonde du système multilatéral et dénoncé les « doubles standards » dans les relations internationales. A la tribune de l’ONU, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a également défendu la souveraineté des Etats de l’AES et présenté les avancées revendiquées par Ouagadougou sur les plans sécuritaire et économique.
Le ton était offensif. « Nous ne demandons à personne la permission d’exister », a déclaré à la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui s’exprimait au nom des dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Le chef de la diplomatie burkinabè a estimé que la confiance entre les Etats membres de l’ONU était « érodée » par les « doubles standards », les « positions partiales » et l’« instrumentalisation » des institutions internationales.
Il a appelé à faire des Nations Unies une organisation fondée sur « l’égalité en dignité, en droits et en souveraineté ».
Sur le plan sécuritaire, l’AES a accusé certains Etats de soutenir des groupes terroristes. M. Traoré a demandé des enquêtes internationales sur les soutiens présumés au financement, à l’armement et au renseignement de ces groupes.
Il a également défendu les mesures prises par les trois pays dans le cadre de la lutte antijihadiste. L’AES affirme faire face à une entreprise de déstabilisation soutenue par des moyens importants.
Le ministre a aussi réaffirmé l’attachement de la Confédération à la réforme du Conseil de sécurité. Il a cité le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte comme références pour une meilleure représentation de l’Afrique.
L’AES a par ailleurs soutenu l’initiative UN80 et appelé à une réforme de la gouvernance financière internationale, notamment sur la dette, l’accès aux financements et la représentation des pays en développement.
M. Traoré a salué deux résolutions adoptées récemment par l’Assemblée générale. La première, adoptée le 25 mars 2026, reconnaît la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé comme les « plus graves crimes contre l’humanité ».
La seconde, portée par le Togo, a été adoptée le 4 septembre et concerne une représentation cartographique plus équitable de l’Afrique.
74% du territoire burkinabe sous contrôle
Dans la partie consacrée au Burkina Faso, le ministre a affirmé que plus de 74% du territoire national étaient désormais sous contrôle des autorités.
Il a évoqué la reconquête de localités, le retour de populations déplacées, la réouverture d’écoles et de centres de santé ainsi que la reprise progressive de l’administration.
Sur le plan économique, Ouagadougou entend accélérer la transformation locale des matières premières et renforcer les capacités productives. Le Plan RELANCE 2026-2030 doit servir de cadre à cette transformation, a indiqué le ministre.
Concernant le Moyen-Orient, le Burkina Faso a réaffirmé son soutien à une solution à deux Etats, Israël et Palestine, vivant côte à côte « dans la paix et la sécurité ».
Ouagadougou a également appelé au dialogue sur les sanctions visant notamment Cuba et le Nicaragua.
Sur le Sahara occidental, le Burkina Faso a réaffirmé son soutien au processus politique conduit sous l’égide de l’ONU.
La déclaration s’est achevée par la devise de l’AES : « Un peuple, un espace, un destin », avant les slogans consacrés au Sahel et à l’Afrique.
HO/te/Sf/APA




