À quelques semaines du coup d’envoi des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévu le 31 octobre, des fresques murales consacrées à l’événement investissent plusieurs espaces de la capitale sénégalaise. De la Corniche aux abords de l’arrêt BRT Dial Diop, le sport dialogue avec le patrimoine et les symboles culturels du Sénégal.
Sous un soleil de plomb, la température avoisinant les 32 degrés, ce mardi 22 septembre, les abords de la Corniche des HLM et de l’arrêt BRT Dial Diop offrent un contraste entre l’agitation habituelle de Dakar et les fresques qui s’étendent le long des murs.
Le passage du Bus Rapid Transit (BRT), le bruit des moteurs et les déplacements des piétons rythment le décor. Sur plusieurs mètres, les couleurs des fresques attirent progressivement le regard des passants, notamment des jeunes dont une majorité d’étudiants.
À proximité de l’arrêt BRT Dial Diop, les représentations de plusieurs disciplines sportives annoncent les JOJ Dakar 2026. Cyclisme, natation, taekwondo, lutte, volley-ball et athlétisme se côtoient sur les murs.
Un peu plus loin, face au Centre culturel régional Blaise Senghor, le décor se poursuit avec de nouvelles représentations. Un grand lion aux couleurs du drapeau national apparaît aux côtés du baobab et d’autres motifs inspirés du patrimoine sénégalais.
Les fresques ne se limitent pas à représenter les disciplines des JOJ. Elles font également apparaître des éléments liés à l’histoire et à la culture sénégalaises.
Le lion, le baobab, le sabar, les pirogues, des personnages et des motifs traditionnels sont associés aux figures d’athlètes. Des slogans en wolof complètent certaines compositions.
Pour Amadou Lamine Ngom, dit Docta, artiste grapheur et l’un des pionniers du graffiti au Sénégal, cette association entre sport et culture répond à une volonté de donner une dimension durable au projet.
« Quand on m’a convié sur le projet, la première chose que j’ai dite, c’est : parlons de l’héritage », explique-t-il.
Selon l’artiste, les fresques ont été réalisées dans le cadre d’une collaboration avec la mairie de Dakar pour annoncer les JOJ et mettre en avant leur dimension africaine.
« On ne peut pas aussi parler de sport tout court. Le sport, c’est une entité, mais ça s’exécute dans un environnement culturel », souligne-t-il.
Sur le terrain, l’artiste ne se contente pas de regarder les œuvres achevées. Assis ou debout à proximité des murs, il échange avec les membres de son équipe, observe et discute des différentes étapes de réalisation.
Pour l’artiste, le choix des représentations doit permettre d’associer les JOJ à une mémoire culturelle plus large.
« Nous, on préfère parler de notre culture, l’associer au sport, parler des bienfaits de notre culture, l’associer au sport », affirme-t-il.
Les passants découvrent les JOJ
Au pied des fresques, la circulation se poursuit. Certains passants poursuivent leur chemin sans s’arrêter. D’autres ralentissent, observent les dessins ou prennent quelques instants pour regarder les différentes représentations.
El Hadji Dikhaté, un passant, dit voir dans ces œuvres une représentation des différentes disciplines prévues aux Jeux.
« Ça englobe beaucoup de disciplines, beaucoup de Jeux, à savoir les courses, la natation, les athlètes, et plein de choses », témoigne-t-il.
Pour lui, les fresques peuvent également susciter la curiosité des jeunes. « Ça va te susciter beaucoup de curiosité pour pouvoir découvrir certaines disciplines », estime-t-il.
La natation retient particulièrement son attention. « Ça me permet de me divertir, de sortir de notre monde, pour plonger dans notre univers », explique-t-il.
Etudiant, Babacar Ndour voit également dans ces œuvres un moyen de mettre en avant la culture sénégalaise et de sensibiliser les jeunes.
« Ça montre uniquement la culture sénégalaise. Comme vous le voyez, le sport, le basketball, le football, le rugby (…) imposent la culture sénégalaise », observe-t-il.
Il estime que ces réalisations peuvent aussi encourager certains jeunes à s’intéresser aux métiers artistiques.
« En matière d’éducation, ça peut motiver certains jeunes talentueux en dessin à aller poursuivre leurs passions », souligne-t-il.
Le jeune étudiant appelle par ailleurs à préserver les espaces publics et les fresques réalisées dans le cadre des JOJ.
L’héritage après les JOJ
Pour Docta, la question de l’après-JOJ doit être prise en compte dès la réalisation des œuvres.
« Parce que si tu as une fresque 100% JOJ, quand les JOJ finissent (…) il faut l’effacer. Ça n’a plus de sens, parce que les JOJ ne sont plus là », explique-t-il.
L’artiste défend ainsi une approche fondée sur la mémoire et la culture, afin que les fresques puissent conserver une signification après la compétition.
« Il faut qu’on puisse garder cette histoire-là (…) qu’elle ne soit pas figée dans le temps, mais qu’elle voyage dans le temps », dit-il.
À ses yeux, l’enjeu dépasse également les frontières du Sénégal. « Ça appartient à l’Afrique. Dakar a l’opportunité de le recevoir et de l’accueillir à Dakar », estime-t-il.
Les JOJ Dakar 2026 se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre 2026 dans trois zones hôtes : Dakar, Diamniadio et Saly, avec huit sites de compétition.
SS/ac/Sf/APA





