La coopération entre la Police de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et les Forces de sécurité intérieure (FSI) se traduit par des patrouilles conjointes, des formations spécialisées et des actions de proximité destinées à renforcer la protection des populations.
À l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée le 7 septembre, la MINUSCA a mis en avant les différentes formes de collaboration développées avec les forces de sécurité centrafricaines à Bangui et dans les autres préfectures du pays.
Plus de 10 000 patrouilles
Les patrouilles constituent l’un des principaux volets de cette coopération. Elles sont organisées à pied ou à bord de véhicules, aussi bien dans les agglomérations que dans les zones frontalières, les secteurs très fréquentés ou les localités difficiles d’accès.
Au cours de la période 2025-2026, plus de 10 357 patrouilles conjointes et individuelles ont été effectuées à travers le pays, dont 184 conjointes et 10 173 individuelles.
Cette présence contribue, selon des témoignages recueillis auprès des populations, à renforcer le sentiment de sécurité. À Bangui, des habitants rapportent notamment une baisse des vols dans certains quartiers grâce à la régularité des patrouilles.
À Berbérati, dans la préfecture de Mambéré-Kadéï, le dispositif contribue également à rassurer les populations à l’approche des échéances électorales.
Au-delà des patrouilles, la Police de la MINUSCA participe à l’installation de panneaux de signalisation routière, à la sécurisation des processus électoraux et au développement d’une police de proximité.
Des interventions au-delà du maintien de l’ordre
La coopération s’étend également aux situations d’urgence. Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2026, les unités de police constituée indonésienne et égyptienne de la MINUSCA sont intervenues pour maîtriser un important incendie au quartier PK5, à Bangui.
L’intervention rapide des policiers de l’ONU a permis de limiter la propagation des flammes et de préserver des habitations et des commerces, selon des témoignages de riverains.
Professionnaliser les FSI
Le renforcement des capacités des Forces de sécurité intérieure constitue un autre axe majeur du partenariat.
Durant la période 2025-2026, 117 policiers et gendarmes centrafricains ont bénéficié de formations spécialisées portant notamment sur la gestion des scènes de crime post-explosion, les enquêtes judiciaires et d’autres techniques liées au maintien de la sécurité.
La MINUSCA accompagne également l’amélioration des conditions de travail des FSI à travers la construction et la réhabilitation d’infrastructures. Neuf commissariats et brigades de gendarmerie ont ainsi été construits ou réhabilités avec l’appui de la Mission.
Prévenir les abus et protéger les populations vulnérables
La coopération policière comporte aussi un volet consacré à la prévention des abus et à la protection des personnes vulnérables.
À Damara, la Police de la MINUSCA a conduit en juillet 2026 une évaluation des risques liés à l’exploitation et aux abus sexuels, en collaboration avec les autorités locales, les FSI, les femmes et les jeunes.
Dans les établissements scolaires de Bangui, des campagnes de sensibilisation menées conjointement par l’UNPol et les FSI sur les violences sexuelles et basées sur le genre ont, par ailleurs, touché près de 400 élèves.
À travers ces différentes initiatives, la MINUSCA entend accompagner les autorités centrafricaines dans le renforcement des capacités des institutions de sécurité et dans la consolidation de la confiance entre celles-ci et les populations.
La coopération entre les deux institutions apparaît ainsi comme un levier important de la stabilisation du pays, en combinant présence sécuritaire, professionnalisation des forces, prévention des violences et rapprochement avec les communautés.
TE/Sf/APA





