Les fabricants nigérians vendent de plus en plus leurs produits en dessous de leur coût de production afin d’écouler près de 2 000 milliards de nairas de stocks invendus, a alerté le directeur général de l’Association des fabricants du Nigéria (MAN), Segun Ajayi-Kadir.
Selon le directeur général de l’Association des fabricants du Nigéria (MAN), la stratégie de survie consistant à vendre à perte reflète les profondes difficultés auxquelles fait face le secteur manufacturier, pris en étau entre l’envolée des coûts de production et la faiblesse persistante de la demande des consommateurs.
M. Ajayi-Kadir explique que la légère progression des volumes de ventes observée récemment ne traduit pas une véritable reprise du marché, mais résulte essentiellement de fortes réductions de prix consenties par les entreprises au détriment de leurs marges.
« Les fabricants ont continué à vendre davantage, non pas parce que la demande s’est améliorée, mais parce qu’ils ont accepté de réduire leurs prix afin d’écouler leurs produits », a-t-il déclaré.
Les stocks invendus, estimés à près de 2 000 milliards de nairas, contraignent ainsi de nombreuses entreprises à céder leurs produits finis à des niveaux inférieurs au seuil de rentabilité et, dans plusieurs cas, en dessous même du coût de production.
Le responsable de la MAN souligne que les industriels restent confrontés à un environnement particulièrement difficile, marqué par la hausse des coûts des intrants, des taux d’intérêt élevés, la volatilité du naira, des infrastructures insuffisantes, l’insécurité et des contraintes logistiques persistantes.
Pour limiter leur exposition aux chocs extérieurs, les entreprises renforcent le recours aux matières premières locales et investissent davantage dans la transformation à valeur ajoutée. Toutefois, les coûts élevés liés au change et les prix de référence appliqués aux droits d’importation continuent d’affaiblir la compétitivité des produits fabriqués localement, réduisant les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Segun Ajayi-Kadir estime que le gouvernement devra mettre en place des mesures de soutien plus ambitieuses, notamment des incitations fiscales, un accès à des financements à moindre coût et une amélioration des infrastructures logistiques afin de permettre aux industriels nigérians de concurrencer efficacement leurs homologues africains.
Il rappelle que le financement demeure l’un des principaux freins au développement industriel. Avec un taux directeur avoisinant 26 %, les taux des crédits commerciaux atteignent désormais entre 30 % et 35 %, un niveau qu’il juge incompatible avec une activité manufacturière rentable.
« Il est pratiquement impossible pour un fabricant d’emprunter auprès des banques commerciales tout en réalisant des bénéfices », a-t-il conclu.
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